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Quelles seront les 10 grandes capitales économiques mondiales en 2035?

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Les villes chinoises devraient enregistrer la croissance la plus rapide au cours des 15 prochaines années et rattraper leur retard sur les agglomérations européennes et américaines, prédit une étude d'Oxford Economics.

La montée en puissance des villes chinoises dans l'économie mondiale va clairement s'accélérer au cours des 15 prochaines années. Selon une étude d'Oxford Economics, les grandes cités de l'empire du Milieu afficheront les plus forts taux de croissance sur la période 2019-2035 et bousculeront ainsi le top 10 mondial des villes affichant le plus fort PIB.

Si les quatre premières places (en termes de PIB par ville) resteront inchangées avec New York, Tokyo, Los Angeles et Londres (avec des taux de croissance du PIB annuel autour des 2%), Shanghai passera de la 11e à la 5e place grâce à une croissance de 4,8% par année.

Pékin se hissera du 13e au 6e rang avec une croissance estimée à 4,7% par an. Guangzhou passera de la 19e à la 9e place (+5,1% par an) et Shenzhen du 20e au 10e rang avec une expansion évaluée à 5,1% par an.

Paris perdra 2 places d'ici 2035

Conséquence de cette montée en puissance, le repli de Paris qui passera de la 5e à la 7e place du top 10 avec une croissance de seulement 1,3% par an. C'est d'ailleurs le 2e plus faible taux de croissance (avec Tokyo à +0,6%) parmi les 10 villes dont l'économie pèsera le plus en 2035. Chicago perdra également deux rangs pour se retrouver en 8e position.

"A l'horizon 2035, les villes asiatiques auront globalement dépassé les villes nord-américaines et européennes", résument les économistes. "Quatre villes chinoises feront partie du top 10, mais New York, Tokyo, Los Angeles et Londres resteront les plus grandes du monde en termes de PIB".

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- © Oxford Economics
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- © Oxford Economics

Sur une période plus courte (2020-2021), l'étude souligne que sur les 900 principales villes du monde, près des deux tiers (586) vont connaître un ralentissement économique.

"La raison principale est clairement le ralentissement du commerce mondial", écrivent les auteurs de l'étude, relevant que de nombreuses villes du monde ont d'importants secteurs manufacturiers. Elles sont "donc directement affectées par le ralentissement de la croissance du commerce mondial", poursuivent-ils.

Dans certains cas, le ralentissement est plus marqué à l'échelle de la ville qu'à celle du pays quand le secteur manufacturier représente une part importante de l'économie locale. Les économistes citent ainsi l'exemple de Barcelone, en Espagne, où cette industrie représente 19% de l'économie locale. A Taipei (Taïwan), ce secteur compte même pour 23%.

L'impact multiple des guerres commerciales

Le ralentissement du commerce international affecte également la demande pour certains services, en particulier les voyages ou les assurances, qui tendent à être concentrés dans les villes. "De plus, il y a des impacts indirects du ralentissement sur les dépenses de consommation, via des réductions de salaires et de croissance de l'emploi", écrivent-ils.

Dans le top 10 des plus grandes villes en terme de Produit intérieur brut, seule Londres fera exception avec une accélération de sa croissance attendue (+2,1% en 2020-2021 contre +1,5% en 2018-2019).

Paris verra sa croissance ralentir à 1,7%, soit une baisse de 0,2 point de pourcentage. "En France, Lyon était la star du pays en matière de performances plus tôt cette décennie mais sa croissance s'est également ralentie", écrivent les auteurs. 

New York n'échappera pas non plus à la décélération avec une projection de 1,8% de croissance pour 2020-2021, contre 2,2% en 2018-2019. San Jose, située dans la Silicon Valley, pourrait être la ville dont le ralentissement sera le plus marqué, avancent les auteurs de cette étude.

Olivier Chicheportiche avec AFP