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Quelle sera la politique économique de Shinzo Abe?

Shinzo Abe a largement remporté les élections législatives japonaises.

Shinzo Abe a largement remporté les élections législatives japonaises. - Behrouz Mehri - AFP

Après sa large victoire aux élections législatives dimanche, de nombreux défis attendent le chef du gouvernement japonais. Voici ses trois principaux engagements en matière économique.

Shinzo Abe, vainqueur dimanche d'élections législatives anticipées qu'il avait lui-même provoquées, est un conservateur partisan d'une politique volontariste de relance de l'économie du pays. Voici les trois principaux engagements économiques du Le Premier ministre japonais.

Poursuivre les 'abenomics'

Dès son retour au pouvoir fin 2012, après un premier exercice raté en 2006-2007, Shinzo Abe a lancé un vaste plan de relance économique qu'il a baptisé "abenomics". Il consiste à augmenter massivement les investissements de l'État pour stimuler l'activité, à maintenir une politique monétaire ultra-accommodante tout en menant des réformes structurelles.

Tout au long de la campagne électorale, Shinzo Abe a vanté les résultats positifs de ses "abenomics" selon lui, soulignant que le produit intérieur brut du pays progresse depuis six trimestres d'affilée, une première depuis 11 ans. Il a promis un nouveau plan de stimulation de l'activité de 2.000 milliards de yens (15 milliards d'euros). Cependant, sa politique, favorable aux grandes entreprises et aux marchés financiers, n'a pas permis pour l'instant de contrer la déflation, qui mine l'économie japonaise depuis les années 1990.

Ses adversaires ont aussi souligné son peu d'efficacité pour améliorer le quotidien de la classe moyenne japonaise. Si le taux de chômage est très bas dans le pays, il masque une précarisation croissante du marché du travail.

Relancer le nucléaire 

En dépit du traumatisme national de la catastrophe de Fukushima en 2011, Shinzo Abe estime que l'énergie nucléaire est indispensable pour le Japon, car s'en priver reviendrait à augmenter encore la dépendance énergétique du pays, à entraver son économie et ses engagements dans la lutte contre le changement climatique.

Il souhaite que tous les réacteurs jugés techniquement sûrs par l'Autorité de régulation du secteur puissent être relancés, tout en indiquant sa volonté de réduire "dans la mesure du possible la dépendance au nucléaire". Le plan de son gouvernement est d'atteindre une production d'électricité provenant à 20-22% des centrales nucléaires à horizon 2030, contre 30% avant Fukushima. Selon les experts, cet objectif nécessitera cependant non seulement la relance de réacteurs, mais aussi la construction de nouveaux.

Augmenter la TVA

Shinzo Abe s'est engagé à ne plus reporter une hausse, à 10% contre 8% auparavant, de la taxe sur la consommation, déjà différée deux fois, et désormais prévue pour décembre 2019. Cette hausse de l'impôt indirect devrait servir en partie à financer des promesses de campagne, comme la gratuité de la scolarité pour les jeunes enfants, et aider des familles à faibles revenus, alors que la natalité au Japon est en berne.

Y.D. avec AFP