BFM Business

PSA : un record de ventes en 2018... et quelques regrets

La Peugeot 2008 vient de franchir la barre du million d'exemplaires vendus, un des succès les plus marquants de PSA cette année.

La Peugeot 2008 vient de franchir la barre du million d'exemplaires vendus, un des succès les plus marquants de PSA cette année. - Peugeot

Les ventes du groupe PSA s'affichent au plus haut historique sur l'année 2018, notamment grâce au marché européen. En revanche l'Iran et surtout la Chine ont pesé.

À quelques voitures près... PSA, grâce à des ventes mondiales en progression de 6,8% sur l'ensemble de l'année 2018, signe un nouveau record historique à 3,9 millions de véhicules... tout juste sous la barre des 4 millions qu'il s'était fixée initialement. 

En cause notamment, l'arrêt des opérations en Iran imposé par les États-Unis, qui a laissé 300.000 véhicules invendus, et la poursuite de la baisse sur le marché chinois (-34,2% sur un marché en baisse de 5,8%, 4ème année de repli consécutive pour PSA).

Rôle-clé d'Opel-Vauxhall

Pour le reste, comme tout au long de l'année 2018, PSA a signé des performances brillantes. Notamment sur le marché européen, qui représente désormais 80% des ventes, contre 65% en 2017. Les volumes y sont en hausse de 30%, avec une part de marché en progrès de quasiment 4 points à 17,1%.

Le facteur-clé aura été l'intégration sur toute l'année des ventes d'Opel-Vauxhall, qui auront représenté quasiment un quart des ventes du groupe sur l'exercice. En les excluant, PSA aurait certes gardé de la croissance en Europe (+5%), mais au niveau mondial elles auraient affiché une baisse de 12%. Preuve de l'importance stratégique de cette acquisition, redevenue profitable en juillet dernier.

Gestion en amont et efficacité

L'ingrédient principal de la stratégie de PSA aura été une gestion très anticipée des problématiques qui secouent le secteur automobile en ce moment : le passage aux nouvelles normes WLTP, les objectifs à venir en matière d'émissions polluantes et la chute inexorable du diesel. La mise à niveau des moteurs et de la gamme aura été menée de façon à subir le moins de perturbations possible.

L'accent mis sur l'efficacité des usines, via les plates-formes communes et la gestion en monoflux (possibilité de construire le maximum de voitures différentes sur une seule et même chaîne de montage) a porté ses fruits, et permis à Peugeot notamment de signer de nouveaux records de production. 

Peugeot et Citroën en locomotives

Au coeur de tout ce dispositif, il y a les succès commerciaux impressionnants de Peugeot et Citroën. La marque au Lion signe une 5ème année de croissance consécutive (performance inégalée dans le secteur), avec une première dans son histoire : le titre de N°1 des ventes sur les particuliers et les entreprises en France. Citroën, de son côté, se redresse après une année 2017 difficile et une poursuite du renouvellement de sa gamme, signant même au passage son meilleur niveau de ventes en 7 ans.

Des succès emmenés par des produits phares, comme les berlines 208 et Citroën C3, respectivement 2ème et 4ème voitures les plus vendues de France, et des modèles à forte croissance, notamment les SUV de type B Peugeot 3008 (environ 550.000 exemplaires vendus en à peine deux ans) et Citroën C3 AirCross (44.000 immatriculations en 14 mois d'existence).

2019, année d'incertitudes

PSA qui constate aussi le redécollage de DS, sa marque de luxe anciennement chapeautée par Citroën. Après scission en marque indépendante, une période de réadaptation difficile et une gamme à réinventer, DS signe une belle reprise sur 2018 avec des ventes en progrès de 6,7% en Europe. Le succès du grand SUV DS7 Crossback, premier modèle 100% DS, y est pour beaucoup.

De très solides acquis de croissance pour PSA, précieux pour affronter une année 2019 pleine d'incertitudes. Maintenir ses performances aussi brillantes que possible sur un marché européen que le groupe attend en stagnation ou en légère baisse cette année, et un marché chinois qui n'en finit pas de préoccuper. Contrairement aux autorités locales, Peugeot par exemple, parie sur une poursuite de la correction, avec une baisse de 15 à 20%.

PSA entend y poursuivre ses efforts de restructuration du réseau, intensifier son partenariat avec le constructeur local DongFeng pour au moins endiguer la baisse de ses ventes dans un marché saturé, avec de fortes pressions sur les prix. Mais ses SUV de taille moyenne pourraient bien, comme en Europe, changer la donne.