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Production automobile : la France résiste en 2018

La production automobile française a été l'une des rares au monde a encore progresser en 2018.

La production automobile française a été l'une des rares au monde a encore progresser en 2018. - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

La production automobile française a continué de croître sur l'année 2018, au milieu d'un contexte difficile pour le reste de l'Europe et la majorité des grandes zones géographiques.

Seule l'Inde fait mieux ! En matière de production d'automobiles, la France se distingue dans le paysage automobile mondial, affichant un des rares taux de croissance sur l'année 2018, alors que l'heure est à la stagnation un peu partout ailleurs. Avec 2 % de croissance de sa production et 2,2 millions de véhicules construits, l'automobile française résiste bien. L'Inde, elle, signe un impressionnant +3,4% sur l'année.

Mais des grands marchés occidentaux, la France signe la meilleure performance. La production automobile a décru d'1,7% sur l'ensemble de l'Europe, avec l'Allemagne qui baisse de 10% à 4,9 millions d'unités, et un repli de 0,9% en Espagne à 2,1 millions. En cause notamment, la mise en conformité des gammes aux nouvelles normes d'émission WLTP qui ont perturbé le marché pendant de long mois, ainsi que la forte baisse de la demande de diesel. Le Royaume-Uni, subissant la défiance liée à l'issue du Brexit, voit sa production chuter de 9,7% sur l'année.

Des défis pris très en amont

Enfin, sur les très grands marchés mondiaux, personne n'échappe à la volatilité. Ni les Etats-Unis, dont la production automobile recule légèrement à -0,2%, et la Chine, victime d'une violente correction de son marché domestique, avec une production en baisse de 0,2% également, les deux touchés par les craintes de guerre commerciale. Seule la grande zone d'Amérique du Sud progresse à +3,9%.

Les usines françaises de PSA, Renault et Toyota, ont elles mieux résisté grâce à des constructeurs qui ont volontairement relevé ces défis d'organisation avec beaucoup d'avance, renouvelé rapidement leurs gammes et leurs motorisations. De plus, les constructeurs français ont su surfer sur des tendances porteuses et durables, leur permettant de coller aux tendances du moment au plus juste. Sur 2% de croissance, Renault et PSA en cumulent 1,7%.

Les SUV plébiscités

Renault a pris un peu de retard sur ces chantiers, qui sont intervenus en pleine période de renouvellement de gamme. Ce qui explique un recul de 3,6% de sa production en France sur l'année. Une stabilisation et un retour à la croissance sont largement envisageables sur l'année en cours.

PSA en revanche récolte les fruits d'une préparation très en amont et de cycles de marché très favorables à beaucoup de produits « Made In France ». Notamment les SUV, à forte marge, dont la demande ne semble pas faiblir, même si le marché semble désormais plus sélectif, et privilégier les engins de taille moyenne. PSA qui signe plusieurs records de production d'ailleurs, notamment sur son site historique de Sochaux.

Adaptation fructueuse

Les accords de productivité signés chez les différents constructeurs et l'optimisation de l'outil de production sont aussi un ingrédient essentiel de cette réussite. Même si la transition énergétique du monde automobile reste un défi périlleux (fermetures d'usines, risques autour de l'écosystème diesel), les constructeurs ont des stratégies de production suffisamment flexibles pour pouvoir gérer ce basculement sans précédent en douceur, et même y trouver des opportunités de montée en gamme, avec des modèles à plus forte valeur.

Enfin Toyota, qui signe un exercice 2018 record en termes de ventes en France (110.000 unités), notamment grâce à l'hybride, dégage toujours de la croissance sur son site de Valenciennes-Onnaing. Le renouvellement progressif de la gamme devrait lui aussi continuer à avoir un effet positif tout au long de l'année.

De quoi rester relativement optimiste pour l'année 2019. Si le CCFA prévoit un marché automobile globalement stable pour la France, la production elle devrait rester durablement sur la cadence actuelle, très soutenue. Seuls le Brexit et les évolutions réglementaires européennes seraient en mesure de provoquer des perturbations majeures. Deux dossiers suivis bien entendu de très près ces prochains mois.