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Pourquoi les marchés gardent le cap à la hausse

Des traders attentifs au discours du président de la Fed Jerome Powell

Des traders attentifs au discours du président de la Fed Jerome Powell - Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Les actions continuent à regagner le terrain perdu en 2018, sans grande conviction, toutefois

Rien n’arrête la hausse des marchés. Wall Street a terminé en hausse la dernière séance d'une semaine peu animée, portée sans doute par un regain d'optimisme sur le dossier commercial opposant les Etats-Unis et la Chine et la confirmation que Donald Trump renonçait à mettre en place les nouvelles taxes douanières prévues pour le 1er mars. Même des statistiques américaines mitigées ne sont pas venues freiner la progression de la cote. Cet optimisme s'est par ailleurs alimenté de la statistique de l'activité manufacturière de la Chine, qui a connu en février une contraction moins importante que celle anticipée par les économistes interrogés par Reuters, ce que les marchés ont apprécié, aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis

Le Nasdaq sur un rythme de 1999

L'indice Dow Jones a récupéré et confirmé les 26.000 points à 26.026,32 points. Le S&P-500, plus large, a pris 19,20 points (0,69%) à 2.803,69 points. Le Nasdaq Composite a avancé de 62,82 points, soit 0,83%, à 7.595,35 points. Sur l'ensemble de la semaine, c’est une grande stabilité sur des niveaux à nouveau élevés (au regard de l’histoire récente), seul le Nasdaq progressant réellement de 0,9% ( c'est en outre la première fois que le S&P termine au-dessus de 2.800 points depuis le 8 novembre. Il est encore en retrait de 4,2% sur son record de clôture de septembre mais en hausse de 11,8% depuis le début de l'année). Le Nasdaq aligne 10 semaines dans le vert d'affilée, une série inédite depuis la fin 1999. « Il est certain que l'optimisme autour du commerce porte les marchés actuellement; si les statistiques chinoises continuent de s'améliorer on commencera à moins redouter une récession en Chine », note sur Reuters Michael Antonelli (Robert W. Baird).

Même l'indice ISM des directeurs d'achats américains et l'indice de confiance du consommateur de l'Université du Michigan inférieurs aux attentes, ne déclenchent pas d’ordre de vente, parce qu’ils confortent la réserve fédérale dans son scénario de ralentissement. C’est ce scénario qui a amené la banque centrale américaine à changer radicalement ses anticipations et sa doctrine à la fin de l’année dernière, stoppant la chute des marchés et provoquant le « retracement » auquel on assiste depuis noël.

Il faut noter néanmoins que le revenu des consommateurs américains a baissé en janvier pour la première fois en plus de trois ans avec une diminution de la distribution de dividendes et des versements d'intérêts, annonçant une croissance modérée des dépenses des ménages après leur plus forte baisse depuis 2009 en décembre. La confiance des consommateurs américains s'est améliorée moins fortement que prévu en février, suivant les résultats définitifs de l'enquête mensuelle de l'université du Michigan. La croissance de l'activité manufacturière aux Etats-Unis a ralenti plus nettement que prévu en février, à son plus bas niveau depuis novembre 2016, selon l'enquête mensuelle de l'Institute for Supply Management (ISM).

Pas de nouvelles taxes

Concernant le dossier commercial sino-américain, le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, a déclaré que les Etats-Unis s'efforçaient de parvenir à un accord commercial détaillé avec la Chine qui comporte des engagements structurels. Les deux parties ont accompli d'importants progrès lors de leurs discussions récentes et elles en espèrent d'autres lors des semaines à venir, a-t-il ajouté. Donald Trump, de son côté, a demandé à la Chine de retirer immédiatement tous les droits de douane sur les produits agricoles américains en raison des progrès dans les négociations commerciales: « J'ai demandé à la Chine de retirer immédiatement tous les droits de douane sur les produits agricoles (dont le boeuf, le porc, etc.) en raison des progrès dans les négociations commerciales », écrit le président américain sur Twitter. « Et je n'ai pas relevé leur seconde tranche de droits de douane à 25% le 1er mars. C'est très important pour nos grands agriculteurs - et pour moi! », ajoute-t-il.

« Les investisseurs ont bien conscience que nous ne sommes pas encore au bout de nos peines pour ce qui est de conclure un accord mais nous allons dans la bonne direction », dit David Madden, analystes de CMC Markets, à l’agence Reuters. Au titre des valeurs aux Etats Unis, GAP s'est envolé de 16,2%, plus forte hausse de l'indice S&P-500, après avoir annoncé la scission de sa marque Old Navy qui deviendra une société cotée. Foot Locker affiche un gain de 6% grâce à des ventes trimestrielles à périmètre comparable supérieures aux attentes. Dans son sillage, Nike s'octroit 2%, plus forte hausse du Dow Jones. Tesla à l'inverse chute de 7,8% après avoir prévenu qu'il accuserait une perte au premier trimestre et qu’il allait démanteler son réseau de concessionnaire pour passer à un modèle de vente « full digital »

En Europe, les banques à la hausse

Les Bourses européennes ont terminé elles aussi en hausse vendredi, la séance ayant été animée par de nombreux indicateurs chinois, européens et américains et la hausse des valeurs automobiles et du luxe. À Paris, l'indice CAC 40 a gagné 0,47% à 5.265,19 points. Le Footsie britannique a gagné 0,45% et le Dax allemand a pris 0,75%. L'indice EuroStoxx 50 a avancé de 0,42%, le FTSEurofirst 300 de 0,36% et le Stoxx 600 de 0,39%. Sur la semaine, le Stoxx a pris 0,77% et le CAC 0,95%.

Le secteur automobile a signé la plus forte progression en Europe avec un gain de 2,06%. En France les derniers chiffres du marché automobile ont surpris par leur vigueur, le marché reste en croissance sur des niveaux élevés alors que les professionnels attendaient au mieux une stagnation. Sur le marché parisien la croissance des valeurs financière est un signe de solidité retrouvée, affirment de nombreux experts (Amundi +27% depuis le début de l’année, BNPP +12%, Axa + 20%, Société Générale, en retrait, ne prend que 5% sur un mois). Enfin, les cours du pétrole ont terminé en forte baisse vendredi sur le marché new-yorkais Nymex, plombés par une mauvaise statistique manufacturière qui fait craindre pour la demande d'énergie. Mais ce maintien du pétrole sur des niveaux favorables à l’industrie est aussi un élément qui permet aux marchés d’envisager une croissance mondiale finalement supérieure aux prévisions très pessimistes de la fin de l’année dernière