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Pourquoi le FMI menace l’Argentine d’exclusion

Après plusieurs avertissements, l'institution dirigée par Christine Lagarde hausse durement le ton vis-à-vis de l'Argentine

Après plusieurs avertissements, l'institution dirigée par Christine Lagarde hausse durement le ton vis-à-vis de l'Argentine - -

Le Fonds monétaire international accuse Buenos Aires de truquer ses statistiques officielles. Il l’enjoint à se mettre en conformité avec les normes internationales sous peine de sanctions.

FMI met Buenos Aires au pied du mur. L'institution internationale dirigée par Christine Lagarde, qui accuse l’Argentine de biaiser ses statistiques économiques, a adopté, vendredi 1er février, une déclaration de censure à son encontre.

Selon les chiffres fournis par le gouvernement argentin, l’inflation aurait été de 10,8% en 2012. Les instituts privés, eux, l’évaluent à au moins deux fois plus : 25,6%. Le pays refuse par ailleurs de se soumettre aux règles auxquelles sont normalement soumis les Etats membres. Cela fait par exemple 62 mois, selon le FMI, que Buenos Aires refuse d'être évalué par les économistes du Fonds.

C’est la première fois de son histoire que le FMI brandit la menace de la censure. En clair, le pays a jusqu’au 29 septembre pour corriger ses données officielles sur la croissance et l’inflation. Sinon le Fonds engagera des sanctions de plus en plus sévères.

Des relations tendues depuis dix ans

Dans un premier temps, l’Argentine ne bénéficierait plus d’aucun prêt. Ensuite, ses droits de vote lui seraient retirés. Enfin, l'organisation l’exclurait des pays avec lesquels il collabore.

Après de nombreux avertissements, l’institution sort donc la grosse artillerie. Elle n’est pas coutumière du fait. Jusqu’à présent, seule la Tchécoslovaquie avait été exclue, en 1954, pour une raison similaire : elle refusait de communiquer certains renseignements.

La présidente argentine, Cristina Kirchner, dénonce un acharnement contre son pays. Depuis la faillite du pays en 2001, les relations sont délétères entre Buenos Aires et le Fonds. Elles se limitent d’ailleurs au minimum, un simple échange d’informations.

Nina Godart