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Pour attirer des recrues en Hongrie, McDo leur offre le logement 

Une queue devant un nouveau McDonald's à Budapest en 2008

Une queue devant un nouveau McDonald's à Budapest en 2008 - Attilas Benedek - AFP

Peinant à recruter, McDonald's propose de loger gratuitement ses futurs employés en Hongrie, révèle Bloomberg. Un cas insolite qui illustre la pénurie de main-d'œuvre dont souffre l'Europe centrale.

Le recrutement vire parfois au casse-tête. McDonald's a même carrément eu recours à la publicité pour combler ses emplois vacants en Hongrie. Le géant américain s'est ainsi offert des encarts dans plusieurs journaux locaux dans lesquels il promet des logements gratuits à ses futurs salariés ne vivant pas en centre-ville. Les heureux élus n'auront ainsi pas à payer de loyers mais seulement des charges, révèle Bloomberg.

McDonald's n'est pas la première entreprise à être obligée de faire des concessions pour attirer la main d'œuvre en Europe centrale. Lidl a notamment dû revoir ses salaires à la hausse de 25% en République tchèque et de 20% en Hongrie. Les développeurs roumains sont, eux, dragués par les employeurs à coups de bons pour des salles de gym ou des spas.

Le cauchemar des patrons

Ces "cadeaux" illustrent un problème de fond qui touche l'ensemble des pays de l'Est: la pénurie de main d'œuvre. Un phénomène dû aux taux de chômage extrêmement bas (4% en République tchèque, 6% en Pologne, 5% en Hongrie, etc…) et surtout à l'exode massif des travailleurs d'Europe centrale. En 2015, on recensait ainsi pas moins de 916.000 Polonais vivant au Royaume-Uni, selon l'ONS, l'Insee britannique.

"La pénurie de main d'œuvre empêche vraiment les dirigeants de dormir. La première question que les investisseurs se posent est 'vais-je avoir assez d'employés pour faire tourner mon entreprise?'", explique ainsi à Bloomberg Robert Bencze, directeur de PwC human resources consultancy à Budapest.

En janvier dernier, le FMI s'était alarmé de l'exode massif de talents de l'Europe centrale et balkanique vers les pays occidentaux, estimant qu'en moyenne, cet exode coûtait 7 points de PIB aux pays concernés. Le fonds appelait à mettre en place des politiques encourageant les migrants à revenir dans leurs pays d'origine.

J.M.