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Pour Alain Minc, "nous avons choisi d'éviter des morts visibles aux dépens de morts invisibles"

Le consultant et conseiller politique était invité sur le plateau de 12H, l'Heure H, ce lundi. L'occasion de revenir sur la crise du coronavirus et surtout sur l'impact du confinement sur l'économie du monde entier.

La reprise économique est-elle bien là en France? C'est l'avis du conseiller Alain Minc, sur le plateau de 12H, l'Heure H, ce lundi. Une reprise pourtant tempérée par de nombreux plans sociaux. "Evidemment qu'il va y avoir des pots cassés. On ne supprime pas 10% du PIB d'un pays sans qu'il ne se passe quelque chose" souligne-t-il.

"Et ceci nous ramène au point de départ de tout cela" poursuit le consultant, par ailleurs membre du conseil d'administration de plusieurs groupes. "On passera des années à réfléchir sur ce qu'il s'est passé dans nos têtes à tous."

Et de préciser sa pensée : "nous avons choisi d'éviter des morts visibles aux dépens de morts invisibles" clame-t-il. "10% du PIB des pays riches, c'est 15% du commerce extérieur, c'est 30 ou 40% des budgets des pays pauvres, ce sont des centaines de milliers de morts qu'on ne voit pas en réalité parce qu'ils ne sont pas sous notre œil."

"Cela supposait un président des Etats-Unis crédible…"

"Je ne dis pas qu'il ne fallait pas confiner, je dis que nous ne mesurons pas les dégâts que nous avons fait à cette occasion, pas seulement au cœur des pays riches" poursuit-il. Dans les pays pauvres, "on ne voit rien mais les dégâts sont gigantesques, humainement (…) pourquoi on a confiné ? Je pense profondément que, si cela n'avait pas été les Chinois (...) je ne suis pas sûr qu'on l'aurait fait de la même manière. Les Chinois, on les craint et on les admire. Et on pense que si les Chinois prennent une mesure de ce type, personne ne peut y échapper."

"Qui aurait pu arrêter cette histoire de course à l'abime?" s'interroge Alain Minc. "Seul le chef du monde libre, c'est-à-dire le président des Etats-Unis" aurait pu le faire. "Mais cela supposait un président des Etats-Unis crédible…"

Thomas Leroy