BFM Business

Pékin met les petits plats dans les grands pour attirer les entreprises étrangères

-

- - WANG ZHAO / AFP

La foire de Shanghai ouvre ses portes aujourd'hui. Des milliers d'entreprises étrangères sont attendues. Le président chinois veut donner l'image d'une économie ouverte.

La Chine est grande ouverte aux produits étrangers. C'est en tout cas le message que veut faire passer le président chinois Xi Jinping. Il inaugurera lui même ce premier grand rendez-vous de l'importation.

Ce sont donc plus de 3000 entreprises en provenance du monde entier qui peupleront les allées de la gigantesque foire de Shanghai (China International Import Expo). Malgré les tensions commerciales entre Washington et Pékin, 180 entreprises américaines ont fait le voyage. De Disney à Intel en passant par Facebook. La France, de son côté déploie son pavillon «Choose France». 70 entreprises de toute taille, du saucisson Corse à l'aéronautique en passant par le luxe.

Quelques pressions diplomatiques aussi, afin de s'assurer que les plus grands groupes seraient bien présents. Car cette foire à l'import de Shanghai est aussi et surtout une gigantesque opération de séduction et de communication. Pékin n'a rien laissé au hasard: réfection des routes, peintures, massifs de fleurs et arrêt des usines les plus polluantes. Il faut donner l'image d'une Chine accueillante et ouverte aux investisseurs.

«La situation est plus compliquée aujourd'hui qu'il y à 10 ans»

La Chine veut montrer au monde qu'elle s'ouvre. Seulement, dans les faits, les choses sont parfois plus complexes. Les entreprises étrangères sont toujours interdites dans certains secteurs, et accéder au marché chinois reste un parcours du combattant, en particulier pour les petites entreprises . « Même lorsque c'est fait » explique le patron d'une PME français implantée à Shenzen depuis 10 ans, «la machine administrative est particulièrement stricte».

Envoyer une simple facture à un client requiert souvent un détour par l'administration, les entreprises étrangères doivent aussi subir -parfois toutes les semaines- des contrôles de police, quand à la réserve, il faut s'assurer que le nombre de cartons au m² ne dépasse par les normes. Sans parler de l'attribution des visas qui reste un véritable casse tête. C'est simple, explique le chef d’entreprise: «la situation est plus compliquée aujourd'hui qu'il y à 10 ans». Mais Xi Jinping le promet, la Chine va tout faire pour offrir un traitement équitable aux entreprises étrangères.