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«On ne peut pas dire que la Chine manipule sa devise»

Soupçonnée d’avoir volontairement dévalué sa monnaie face au dollar, la Chine vient de rejeter ces accusations. Une stratégie bien orchestrée ? Pour Valérie Plagnol, présidente du Cercle des Epargnants, il n’y a pas lieu d’y voir une telle intention.

Invitée ce mercredi 7 août sur le plateau de Good Morning Business, Valérie Plagnol, spécialiste des marchés asiatiques, n’en démord pas : envisager que la Chine ait sciemment joué la carte de la manipulation en dévaluant le yuan face au dollar demeure, pour le moment du moins, une théorie infondée. Ce d’autant plus que la Banque Populaire de Chine affirme être intervenue pour, au contraire, soutenir sa devise. Laquelle était retombée à son plus bas niveau depuis la crise financière de 2008.

« On ne peut pas dire aujourd’hui que la Chine manipule sa devise dans le sens d’un affaiblissement, d’une dépréciation, mais plutôt qu’elle tente de soutenir le cours et de limiter cette dépréciation au regard de conditions économiques qui se sont dégradées à l’intérieur et bien sûr à l’extérieur. Tout cela résulte quand même de l’escalade de cette guerre commerciale », tient à souligner l’experte.

« Facteur aggravant »

A la question : « quel a été, jusqu’à présent, l’impact de la guerre commerciale sur les fondamentaux de l’économie chinoise ? », Valérie Plagnol répond qu’il s’agit véritablement là « d’un facteur aggravant au moment où la Chine est en situation de ralentissement ».

Et de poursuivre : « On voit bien que les indicateurs corroborent l’idée que nous sommes dans une phase de ralentissement de l’activité. Comme aux Etats-Unis d’ailleurs, le ralentissement du commerce se fait sentir en Chine. Beaucoup d’entreprises étaient fortement endettées. On voit des tensions supplémentaires notamment autour de la sphère des petites et moyennes entreprises. Et malgré l’intervention de la Banque de Chine - qui a quand même essayé de libéraliser le crédit - la situation reste quand même assez tendue en Chine et dégradée parce que le secteur manufacturier est en difficultés. Et les exportations souffrent, c’est clair ».