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Obama obtient le soutien de 46 pays sur la sécurité nucléaire

Le président Barack Obama a obtenu le soutien des 46 autres pays participant au sommet de Washington sur la prévention du terrorisme nucléaire à son projet de sécurisation des matières sensibles en quatre ans. Selon le projet de communiqué final, obtenu p

Le président Barack Obama a obtenu le soutien des 46 autres pays participant au sommet de Washington sur la prévention du terrorisme nucléaire à son projet de sécurisation des matières sensibles en quatre ans. Selon le projet de communiqué final, obtenu p - -

WASHINGTON - Le président Barack Obama a obtenu le soutien des 46 autres pays participant au sommet de Washington sur la prévention du terrorisme...

par Emmanuel Jarry

WASHINGTON (Reuters) - Le président Barack Obama a obtenu le soutien des 46 autres pays participant au sommet de Washington sur la prévention du terrorisme nucléaire à son projet de sécurisation des matières sensibles en quatre ans.

Selon le projet de communiqué final, obtenu par Reuters, les Etats-Unis et leur 46 partenaires, dont les principales puissances du monde, conviennent que le terrorisme nucléaire est une des menaces internationales les plus redoutables.

En conséquence, ils s'engagent à renforcer la sécurité nucléaire et à réduire cette menace par des actions nationales "responsables" et une coopération internationale "soutenue et efficace".

"Nous saluons et rejoignons l'appel du président Obama en vue de mettre en sûreté en quatre ans toutes les matières nucléaires vulnérables en oeuvrant ensemble à améliorer la sécurité nucléaire", lit-on dans ce texte de trois pages.

Barack Obama a lancé au dernier jour de ce sommet un appel à un effort concerté pour éviter que l'arme atomique ne se retrouve entre les mains d'organisations terroristes.

Dans son discours, le président américain a estimé que si Al Qaïda se dotait des moyens de fabriquer une bombe atomique, ce serait "une catastrophe pour le monde".

"Deux décennies après la fin de la guerre froide, nous sommes confrontés à la cruelle ironie de l'Histoire: le risque d'une confrontation nucléaire entre nations a diminué, mais le risque d'une attaque nucléaire s'est accru", a-t-il dit.

Parmi les participants au sommet de Washington figurent, le plus souvent au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, outre les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine, l'Inde, le Pakistan, ainsi qu'Israël - mais à un niveau moins élevé.

"RÔLE ESSENTIEL DE L'AIEA"

Leur projet de communiqué énumère une douzaine de points.

Il réaffirme ainsi la responsabilité fondamentale des Etats dans la sécurisation effective de toutes les matières nucléaires utilisées dans les armes ou dans les installations sous leur contrôle.

Il est également de la responsabilité des Etats "d'empêcher des acteurs non étatiques d'obtenir les informations ou les technologies nécessaires pour utiliser ces matières à des fins malveillantes".

Les pays participant reconnaissent que l'uranium hautement enrichi et le plutonium exigent des précautions particulières et conviennent de prendre des mesures pour sécuriser et comptabiliser ces matériaux. Ils encouragent par ailleurs la conversion des réacteurs utilisant de l'uranium hautement enrichi en combustible faiblement enrichi.

Ils réaffirment le "rôle essentiel" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et promettent de veiller à ce qu'elle continue à être dotée des moyens ad hoc.

Ils reconnaissent la nécessité d'une coopération entre Etats pour prévenir les trafics nucléaires illicites et conviennent de partager les informations et l'expertise nécessaires.

Enfin, ils affirment soutenir la mise en oeuvre de "solides pratiques de sécurité nucléaire qui n'empiéteront pas sur le droit des Etats de développer et d'utiliser l'énergie nucléaire à des fins et pour des technologies pacifiques."

Pour Obama, le sommet qui a réuni lundi et mardi 47 nations à Washington était une occasion "non seulement de parler, mais aussi d'agir". Et agir "non seulement par des promesses, mais par des progrès véritables destinés à la sécurité de nos peuples".

MENACE DE TERRORISME NUCLÉAIRE

Le "terrorisme nucléaire", estime-t-il, constitue la principale menace isolée pesant contre la sécurité mondiale.

L'Ukraine a annoncé lundi qu'elle renonçait à l'uranium hautement enrichi qu'elle détient. Ce pays va détruire "une part importante de ses stocks" dès cette année et transformer ses installations civiles de recherche nucléaire de telle sorte qu'elles fonctionnent à partir d'uranium faiblement enrichi, a déclaré le porte-parole de la Maison blanche, Robert Gibbs.

De son côté, le Canada devrait renvoyer d'ici 2018 aux Etats-Unis, son pays de provenance, une "quantité importante" d'uranium hautement enrichi qui a été utilisé dans sa centrale de Chalk River.

Mais certains pays doutent de la réalité de la menace du "terrorisme nucléaire" et considèrent que ce sujet est avant tout une préoccupation nationale des Etats-Unis, encore traumatisés par les attentats du 11 septembre 2001.

Soulignant que la fabrication d'une bombe nucléaire requiert un niveau de maîtrise très élevé et un accès à de l'uranium ou du plutonium enrichi à des degrés militaires, des experts parlent d'une menace "à faible probabilité mais hautes conséquences".

A l'inverse, le risque de "bombes sales" (qui utilisent des explosifs conventionnels pour disperser des substances radioactives) est jugé, lui, "à haute probabilité mais faibles conséquences".

Depuis le début des années 1990, et notamment la dislocation de l'Union soviétique, au moins 18 vols ou disparitions de matériaux nucléaires ont été signalés. Rien ne permet d'affirmer que des groupes considérés comme terroristes ont réussi à s'en procurer.

Un nouveau sommet sur la sécurité nucléaire aura lieu en 2012 en Corée du Sud, a précisé Barack Obama.

Avec Matt Spetalnick et Ross Colvin, Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français