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Obama et Hu évoquent l'Iran au sommet sur le nucléaire

Les efforts déployés par Barack Obama pour obtenir l'adoption d'un nouveau train de sanctions contre l'Iran sont passés à une vitesse supérieure lundi, lors de l'entretien qu'il a eu avec son homologue chinois Hu Jintao, avec lequel il a été aussi questio

Les efforts déployés par Barack Obama pour obtenir l'adoption d'un nouveau train de sanctions contre l'Iran sont passés à une vitesse supérieure lundi, lors de l'entretien qu'il a eu avec son homologue chinois Hu Jintao, avec lequel il a été aussi questio - -

par Caren Bohan et Ross Colvin WASHINGTON - Les efforts déployés par Barack Obama pour obtenir l'adoption d'un nouveau train de sanctions contre...

par Steve Holland et Jeff Mason

WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama a obtenu mardi le soutien des 46 autres pays participant au sommet de Washington à son projet de sécurisation des matières nucléaires fissiles en quatre ans.

"Une journée comme aujourd'hui témoigne de ce qui est possible dès lors que les nations se retrouvent dans un esprit de partenariat pour assumer ensemble une responsabilité et s'attaquer à un défi commun", a déclaré Obama.

A l'issue de ce sommet de 48 heures, le président américain a préconisé des sanctions sévères et audacieuses à l'encontre de l'Iran, du fait de son programme nucléaire, mais il a reconnu que la Chine s'inquiétait de l'impact économique de telles sanctions et que les négociations sur la nature des mesures à prendre s'avéraient difficiles.

La crise du nucléaire iranien a jeté une ombre sur le sommet car il est apparu clairement que des obstacles de taille se dressaient sur la voie vers l'instauration de nouvelles sanctions.

En témoigne la déclaration du président russe Dmitri Medvedev, qui a émis des réserves en soulignant que d'éventuelles sanctions devaient permettre d'empêcher la prolifération et ne devraient pas frapper la population.

Au lendemain de son entretien d'une heure trente avec le président chinois Hu Jintao, Barack Obama s'est dit reconnaissant de voir la Chine contribuer à négocier de nouvelles sanctions mais il a admis que Pékin avait encore des inquiétudes concernant de telles sanctions.

"Les Chinois sont manifestement inquiets de l'impact que cela (des sanctions) pourrait avoir sur l'économie en général", a dit Obama.

La Chine, qui entretient des relations commerciales étroites avec l'Iran, a réaffirmé à l'issue du sommet que les négociations diplomatiques restaient la meilleure façon de traiter le dossier iranien, mais, a dit le vice-ministre des Affaires étrangères Cui Tiankai, Pékin est disposé à discuter d'autres moyens.

Le même vice-ministre a dit également qu'"Il ne faut pas sous-estimer des besoins légitimes comme le bien-être du peuple iranien ainsi que les échanges économiques, commerciaux et financiers normaux entre l'Iran et de nombreux pays du monde".

LA MENACE DU TERRORISME NUCLÉAIRE

Obama, qui le 30 mars disait espérer qu'une nouvelle résolution sur des sanctions serait prête dans quelques semaines, n'a pas voulu évoquer de nouveau mardi une telle échéance, mais il a estimé qu'il ne fallait pas laisser traîner les choses pendant des mois.

"J'estime qu'un nombre important de pays au Conseil de sécurité pensent que c'est (les sanctions) la bonne façon de procéder. Mais je pense que les négociations risquent d'être difficiles et je vais faire pression aussi fortement que je le pourrai", a-t-il continué.

Nicolas Sarkozy a estimé pour sa part à Washington que la "minute de vérité" sur le dossier iranien était proche et il a réaffirmé que la France était prête à envisager des sanctions hors du cadre d'une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu s'il n'était pas possible de parvenir à un accord.

Yukiya Amano, directeur de l'AIEA, a déclaré à Reuters craindre que l'Iran ne réduise sa coopération avec les inspecteurs de l'agence si de nouvelles sanctions sont décidées.

Pour ce qui est de la prévention du terrorisme, les Etats-Unis et leurs 46 partenaires réunis à Washington sont convenus, dans le projet de communiqué final du sommet, que le terrorisme nucléaire est une des menaces internationales les plus redoutables.

En conséquence, ils s'engagent à renforcer la sécurité nucléaire et à réduire cette menace par des actions nationales "responsables" et une coopération internationale "soutenue et efficace".

"Nous saluons et rejoignons l'appel du président Obama en vue de mettre en sûreté en quatre ans toutes les matières nucléaires vulnérables en oeuvrant ensemble à améliorer la sécurité nucléaire", lit-on dans ce texte de trois pages.

Barack Obama a lancé au dernier jour du sommet un appel à un effort concerté pour éviter que l'arme atomique ne se retrouve entre les mains d'organisations terroristes.

NOUVEAU SOMMET EN 2012 EN CORÉE DU SUD

Dans son discours, le président américain a estimé que si Al Qaïda se dotait des moyens de fabriquer une bombe atomique, ce serait "une catastrophe pour le monde".

"Deux décennies après la fin de la guerre froide, nous sommes confrontés à la cruelle ironie de l'Histoire: le risque d'une confrontation nucléaire en nations a diminué, mais le risque d'une attaque nucléaire s'est accru", a-t-il dit.

Le texte réaffirme la responsabilité fondamentale des Etats dans la sécurisation effective de toutes les matières nucléaires utilisées dans les armes ou dans les installations sous leur contrôle. Il est également de la responsabilité des Etats "d'empêcher des acteurs non étatiques d'obtenir les informations ou les technologies nécessaires pour utiliser ces matières à des fins malveillantes".

A cet égard, Nicolas Sarkozy a proposé de faire juger par un tribunal international les dirigeants fournissant des matières sensibles à des terroristes.

Dans le communiqué, les pays participant reconnaissent que l'uranium hautement enrichi et le plutonium exigent des précautions particulières et conviennent de prendre des mesures pour sécuriser et comptabiliser ces matériaux. Ils encouragent par ailleurs la conversion des réacteurs utilisant de l'uranium hautement enrichi en combustible faiblement enrichi.

L'Ukraine a annoncé lundi qu'elle renonçait à l'uranium hautement enrichi qu'elle détient. Ce pays va détruire "une part importante de ses stocks" dès cette année et transformer ses installations civiles de recherche nucléaire de telle sorte qu'elles fonctionnent à partir d'uranium faiblement enrichi.

De son côté, le Canada devrait renvoyer d'ici 2018 aux Etats-Unis, son pays de provenance, une "quantité importante" d'uranium hautement enrichi qui a été utilisé dans sa centrale de Chalk River.

Un nouveau sommet sur la sécurité nucléaire aura lieu en 2012 en Corée du Sud, a fait savoir Barack Obama.

Avec Emmanuel Jarry; Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français