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Moody's menace de dégrader le triple A de l'Union européenne

Le AAA de l'UE est dans l'immédiat sauvegardé, mais une dégradation pourrait intervenir dans les mois à venir

Le AAA de l'UE est dans l'immédiat sauvegardé, mais une dégradation pourrait intervenir dans les mois à venir - -

Moody’s a ramené, lundi soir, de "stable" à "négative" la perspective de la note de l’Union européenne. L’agence de notation s’inquiète de la situation des principaux contributeurs au budget de l’Union, France et Allemagne en tête.

Moody’s n’exclut pas d’abaisser la note de l’Union européenne (UE) à moyen terme. L’agence de notation a lancé un sérieux avertissement, lundi 3 septembre, en abaissant de "stable" à "négative" la perspective de la note de l’UE. Le précieux AAA, l’évaluation la plus haute, est dans l’immédiat sauvegardé, mais une dégradation pourrait intervenir dans les mois qui viennent.

Cette décision "reflète les perspectives négatives assortissant maintenant les notations Aaa de contributeurs clés au budget de l'UE: l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, qui ensemble représentent 45% des recettes budgétaires de l'UE", explique l’agence dans un communiqué.

En juillet, elle avait déjà abaissé les perspectives d’évaluation de l’Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg. La note de la France, quant à elle, devrait être réexaminée en septembre par Moody’s, en même temps que celle de l’Autriche.

Les institutions de l'UE en ligne de mire

Une dégradation de la note de l’UE aurait des conséquences directes pour ses organes et ses institutions. En effet, la Commission européenne peut emprunter sur les marchés pour faire des prêts aux pays membres, notamment dans le cadre du mécanisme européen de stabilisation financière qui a servi pour aider les pays frappés par la crise de la dette.

L'UE est également un garant pour certains emprunts de la Banque européenne d'investissement (BEI). Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), et son futur successeur le MES seraient également pénalisés par une dégradation du triple A de l’UE.

Arthur de Laborde-Noguez et AFP