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Mistral: les conditions de la livraison ne sont toujours pas réunies 

Deux navires Mistral doivent être livrées à la Russie

Deux navires Mistral doivent être livrées à la Russie - Frank Perry - AFP

François Hollande a déclaré, jeudi 11 février, que si tout se mettait en place pour le règlement de la crise ukrainienne, des "mesures seraient prises au niveau européen pour alléger les sanctions. "Mais nous n'en sommes pas là", a souligné le président.

Pour François Hollande, le compte n'y est toujours pas pour la livraison par la France de navires de guerre Mistral à la Russie.

"Les conditions ne sont toujours pas réunies. Elles le seront je l'espère un jour", a-t-il déclaré à l'issue du sommet européen jeudi à Bruxelles. "Il est clair que si tout se mettait en place" pour le règlement de la crise ukrainienne, "des mesures seraient prises au niveau européen pour alléger les sanctions" et "la France pourrait s'inscrire dans ce processus", mais "nous n'en sommes pas encore là", a souligné le président.

Paris avait annoncé fin novembre le report "jusqu'à nouvel ordre" de la livraison du premier des deux Mistral prévus, le Vladivostok, compte tenu du rôle de la Russie dans le conflit en Ukraine.

1,2 milliard d'euros en jeu

Ce bâtiment de projection et de commandement (BPC) devait initialement être remis à Moscou à la mi-novembre, dans le cadre d'un contrat de 1,2 milliard d'euros pour les deux navires, signé en juin 2011 entre la Russie et le constructeur naval français DCNS.

La livraison du deuxième navire, le "Sébastopol", dont la construction est toujours en cours, est programmée pour l'automne 2015.

Selon un sondage pour le site LaTribune.fr publié le 20 janvier dernier, une très large majorité de Français souhaitent la vente du Mistral. 64% des personnes interrogées dans le cadre de ce sondage souhaitaient ainsi que la France livre les navires à la Russie, contre 36% qui estiment qu'elle ne devrait pas le faire.

Une majorité de 75% jugeaient par ailleurs que le refus par la France de livrer ces navires "sera très, assez, peu ou pas du tout efficace pour régler le conflit entre l'Ukraine et la Russie" 25% qui pensaient le contraire. En outre, 56% des Français considéraient que ce refus de livrer les navires Mistral dégraderait la réputation de la France à l'international. Près des trois-quarts (72%) pensaient que la décision de Paris nuirait à l'industrie de défense française.

J.M. avec AFP