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Mistral: la France remboursera moins de 1,2 milliard à la Russie

Les deux navires de guerre Mistral commandés par Moscou, le Sébastopol et le Vladivostok, à Saint-Nazaire, le 20 décembre 2014.

Les deux navires de guerre Mistral commandés par Moscou, le Sébastopol et le Vladivostok, à Saint-Nazaire, le 20 décembre 2014. - Alain Jocard- AFP

Un accord a finalement été trouvé entre Paris et Moscou. Les deux navires doivent être intégralement remboursés à la Russie et seront "la pleine propriété" de la France, annonce l'Elysée dans un communiqué. Le montant pour Paris n'excédera pas 1,2 milliards d'euros, a promis le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

La fin d'un feuilleton de près de huit mois. Le président François Hollande et son homologue russe Vladimir Poutine sont parvenus à un accord sur la non-livraison des navires Mistral, dont la France aura "la pleine propriété et la libre disposition", a annoncé mercredi soir l'Élysée.

Les dirigeants des deux pays "se sont entretenus (mercredi) après-midi afin de confirmer que la France et la Russie sont parvenues à un accord pour mettre un terme au contrat signé en 2011, qui prévoyait la livraison de deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) de type Mistral", selon le communiqué de l'Élysée.

Remboursement intégral de la Russie

La Russie sera "exclusivement et intégralement remboursée des sommes avancées au titre du contrat". En outre, "les équipements russes qui ont été installés sur les bâtiments seront restitués". 

Le Kremlin a de son côté déclaré que les sommes avaient déjà été transférées. La Russie réclamerait à la France 1,163 milliard d'euros d'indemnisation pour rupture de contrat, a déclaré en mai une source russe au fait des négociations.

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a promis de son côté ce 6 août que la facture de la France n'excéderait pas 1,2 milliard d'euros. Sur RTL, il a en outre affirmé qu'"un certain nombre de pays, ils sont nombreux, ont fait connaître leur intérêt pour ces bateaux".

"Il est souhaitable de le faire le plus rapidement possible. On ne pouvait pas le faire tant que le contentieux n'était pas réglé avec la Russie, c'est le cas, il n'y a plus de contentieux", a-t-il ajouté. 

La veille, François Hollande et Vladimir Poutine "se sont félicités du climat de partenariat amical et ouvert qui a marqué les négociations" et "se sont accordés sur le fait que, désormais, ce dossier était clos", conclut le communiqué.

Huit mois de négociations

Le contentieux entre la France et la Russie avait placé la présidence française dans une situation inconfortable, tiraillée entre les intérêts économiques en jeu et sa volonté de pousser la Russie à infléchir sa position dans la crise ukrainienne. 

Cet accord clôt huit mois d'intenses négociations entre Paris et Moscou. Elles avaient commencé après la décision prise par Paris fin novembre de reporter "jusqu'à nouvel ordre" la livraison du Vladivostok, alors que les Occidentaux multipliaient les sanctions contre la Russie, qu'ils accusent de soutenir les séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine, ce que Moscou dément.

Le premier des deux Mistral, le Vladivostok, devait être initialement remis à Moscou à la mi-novembre 2014, tandis que le second, le Sébastopol, devait théoriquement être livré à la Russie à l'automne 2015. Le contrat de leur vente avait été conclu en juin 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy et évalué à près de 1,2 milliard d'euros.

Construits à Saint-Nazaire, dans l'ouest de la France, ces navires de guerre polyvalents peuvent transporter des hélicoptères, des chars ou des chalands de débarquement et accueillir un état-major embarqué ou un hôpital.

V.R avec AFP