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MES : soulagement en Europe après le feu vert de Karlsruhe

La première réunion du conseil des gouverneurs du MES se tiendra le 8 octobre à Luxembourg

La première réunion du conseil des gouverneurs du MES se tiendra le 8 octobre à Luxembourg - -

La plupart des dirigeants européens ont salué la décision de la Cour constitutionnelle allemande qui a validé, mercredi 12 septembre, le mécanisme de sauvetage de la zone euro. Les experts relèvent les limites de la décision.
Reportage vidéo: Brune Daubré

Bernard Cazeneuve, le ministre délégué aux Affaires européennes :

"C'est une excellente nouvelle pour nous tous (…) la décision permet désormais de respecter le calendrier de mise en œuvre des décisions du Conseil européen du 28 et 29 ". Ce sommet européen, a-t-il rappelé, avait "précisé les conditions dans lesquelles le MES (mécanisme européen de stabilité) pouvait intervenir en recapitalisation directe des banques après la mise en place de la supervision bancaire et préconisait que le FESF (Fonds européen de stabilité financière) puisse intervenir sur le marché secondaire des dettes souveraines".

Angela Merkel, chancelière allemande :

"C'est une bonne journée pour l'Allemagne, c'est une bonne journée pour l'Europe (…). L'Allemagne envoie un message fort vers l'Europe et au-delà (...). L'Allemagne est à la hauteur de ses responsabilités en tant que première économie européenne et partenaire fiable en Europe."

Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe :

"Je prends note de la décision de la Cour constitutionnelle allemande concernant (...) la ratification du traité établissant le MES et le pacte budgétaire (…). Ces deux traités représentent une avancée majeure vers plus d'intégration économique et budgétaire ainsi que vers une gouvernance renforcée de la zone euro. Ils font partie de notre stratégie pour tendre vers la soutenabilité budgétaire et la croissance au sein de la zone euro."

Mario Monti, président du Conseil italien :

"C'est une bonne, une excellente nouvelle, car elle va permettre d'enlever le dernier obstacle à l'entrée en vigueur du traité (…). La justice allemande dit seulement que pour augmenter l'engagement total de l'Allemagne, il faudra l'accord des deux chambres. Cela ne me semble pas surprenant."

Alfred Grosser, professeur à Sciences-Po :

"Le tribunal fixe des limites de sa propre autorité et cela est très contestable. Mais surtout il ne comprend rien à l’Europe. Par exemple, il parle encore de la souveraineté budgétaire de l’Allemagne. Il n’évoque jamais l’euro, le fait que la souveraineté centrale à savoir la souveraineté monétaire a été perdue par l’Allemagne. Les dirigeants allemands, le ministre des Finances en tête, réclament plus de pouvoirs européens en matière budgétaire. Par conséquent, dire que le budget doit rester purement national est tout à fait contradictoire avec ce que disent les grands partis allemands."

Pour Stéphane Soumier, animateur de Good Morning Business sur BFM Business, le MES ne ressemble en rien à "un coup d'état". Sur son blog, il cite plusieurs clauses du traité instaurant le MES et démontre ainsi que ce texte ne constitue pas un abandon de souveraineté pour les Etats-membres de la zone euro.

Markus Kerber, professeur de finances publiques et d’économie à l’université de Berlin (VIDEO)


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