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Merkel met en garde Trump contre la tentation du protectionnisme

"il y a plus d'avantages (...) à avancer ensemble que lorsque chacun règle ses problèmes pour soi", a déclaré la chancelière allemande.

"il y a plus d'avantages (...) à avancer ensemble que lorsque chacun règle ses problèmes pour soi", a déclaré la chancelière allemande. - Tobias Schwarz - AFP

La chancelière allemande a indiqué qu'elle allait chercher le dialogue avec le nouveau président américain. Elle a insisté sur la nécessité "d'avancer ensemble".

La chancelière allemande Angela Merkel a mis en garde samedi contre les tendances protectionnistes prêtées au président élu américain Donald Trump, rappelant l'exemple de la crise financière de 2008.

"Ma conviction profonde, c'est qu'il y a plus d'avantages (...) à avancer ensemble que lorsque chacun règle ses problèmes pour soi, j'en suis vraiment convaincue, c'est une attitude constante chez moi", a indiqué Angela Merkel lors d'une conférence de presse après une réunion de son parti conservateur CDU à Perl, dans l'ouest de l'Allemagne.

Interrogée sur le fait de savoir si elle estimait que les "tendances protectionnistes" prêtées au président américain élu Donald Trump pouvaient constituer une "menace", Angela Merkel a rappelé l'exemple de la crise financière de 2008, "venue des Etats-Unis".

Un appel à la coopération

"En tant que chef d'Etat et de gouvernement (du G20), nous avons dit : 'nous devons résoudre ensemble le problème qui se présente'", a rappelé la chancelière. "Et la réponse pour surmonter cette crise financière n'a pas été une réponse qui repose sur le repli sur soi mais une réponse qui en appelle à la coopération, à des règles communes, à la régulation des marchés financiers, je pense que c'est une voie qui a fonctionné et nous allons naturellement chercher le dialogue avec le nouveau président américain", Donald Trump, qui sera investi le 20 janvier.

Donald Trump a notamment menacé de prendre des mesures protectionnistes contre les importations chinoises et mexicaines et s'est attribué un premier succès avec la décision du groupe automobile Ford de renoncer à construire une nouvelle usine au Mexique.

Des incertitudes sur la future politique étrangère des US

Son attitude suscite l'inquiétude en Allemagne, où le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier s'est ainsi dit jeudi "perplexe" face aux déclarations de Donald Trump affirmant être victime de méthodes de dénonciation dignes de la dictature national-socialiste.

Donald Trump s'en était pris la veille lors d'une conférence de presse aux services de renseignements et à la presse pour dénoncer de "fausses informations" sur d'éventuels liens secrets avec Moscou, affirmant que "c'est le genre de choses que l'Allemagne nazie faisait". 

Frank-Walter Steinmeier avait aussi regretté ne toujours pas être en mesure de percevoir les grandes lignes de la future politique étrangère des Etats-Unis, disant n'avoir "entendu que des mots-clés comme ordre mondial, ordre économique, libre-échange, Syriens et Proche-Orient".