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Libre-échange: vers un nouvel accord transpacifique sans les États-Unis

Toshimitsu Motegi, le ministre de l'Économie japonais.

Toshimitsu Motegi, le ministre de l'Économie japonais. - Anthony Wallace - AFP

Alors que Donald Trump a menacé de se retirer de l'accord commercial Asie-Pacifique, les 11 autres pays membres ont choisi de se passer des États-Unis.

Les partenaires de l'accord commercial de libre-échange Asie-Pacifique (TPP), menacé depuis la décision début 2017 de Donald Trump de s'en retirer, se sont mis d'accord pour relancer le pacte à 11 pays, sans les États-Unis, a annoncé ce mardi le gouvernement japonais.

"Une déclaration a finalement été conclue et les 11 pays se sont entendus pour préparer la signature" d'un nouvel accord, a déclaré le ministre de l'Économie Toshimitsu Motegi lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion des négociateurs en chef à Tokyo.

C'est une décision "qui fait date pour notre pays et l'avenir de la région Asie-Pacifique", s'est-il félicité. L'accord devrait être paraphé "d'ici au début du mois de mars", selon un communiqué du gouvernement singapourien.

Un accord ambitieux

Les 11 partenaires - Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour et Vietnam - avaient déjà bien avancé les négociations en novembre 2017, en marge d'un sommet de l'Apec au Vietnam mais il leur restait à résoudre quelques différends.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe avait particulièrement à coeur de ressusciter ce pacte. Promu par les États-Unis sous la présidence de Barack Obama, le TPP, vu comme un contrepoids à l'influence croissante de la Chine, avait été signé en 2015 après de longues années de négociation par 12 pays représentant 40% de l'économie mondiale. Le nouvel ensemble compte pour 13% de l'économie mondiale, selon l'agence de presse Kyodo.

Le TPP se veut un pacte ambitieux qui va bien au-delà de la simple levée des barrières douanières. Il prévoit aussi la levée de barrières non-tarifaires, comme l'ouverture des appels d'offres nationaux par les pays membres aux entreprises étrangères sans avantages indus pour leurs propres entreprises publiques, la détermination de normes communes pour le commerce électronique et les services financiers, le respect du droit du travail selon les normes de l'Organisation internationale du travail (OIT).

Y.D. avec AFP