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Les Suisses votent pour limiter les rémunérations des grands patrons

Les Suisses vont voter ce dimanche 3 mars la limitation des hauts salaires

Les Suisses vont voter ce dimanche 3 mars la limitation des hauts salaires - -

Ce dimanche 3 mars, les Suisses votent sur un texte visant à limiter les salaires et les bonus faramineux. Même si le non l'emporte, une loi limitant les hauts salaires sera malgré tout mise en place.

Les opérations de vote ont commencé en Suisse, ce dimanche 3 mars. Nos voisins doivent se prononcer sur un sujet polémique : les rémunérations des grands patrons.

L’initiative populaire vise à empêcher le versement de salaires et bonus faramineux et renforcer les droits des actionnaires. La Suisse pourrait bien ainsi devenir la championne de la démocratie actionnariale.

C'est une petite révolution pour le pays. Si le "oui" l'emporte, la rémunération des grands patrons sera décidée par les actionnaires qui n'avaient jusqu'ici aucun droit. Parachutes dorés et autres indemnités deviendraient illégaux. Des sévères sanctions pénales sont prévues pour les contrevenants.

Fin des salaires déconnectés des performances

Si le "non" l'emporte, un texte de loi limitant les hauts salaires entrera quand même en vigueur, mais un texte moins sévère que l'initiative lancée par Thomas Minder.

Ce sénateur et ancien patron est devenu le champion de la lutte contre les très gros chèques versés aux patrons lors de la faillite de Swissair en 2001. Son entreprise avait attendu en vain le règlement d'une facture que lui devait la compagnie. Son PDG, lui, n'avait jamais restitué son indemnité de bienvenue de plusieurs millions.

Même en Suisse aujourd’hui, les salaires déconnectés des performances de l'entreprise passent de plus en plus mal. Daniel Vasella, le PDG démissionnaire de Novartis a dû renoncer la semaine dernière à une indemnité de non-concurrence de près de 60 millions d’euros, sous la pression de l'opinion.

Delphine Liou et BFMbusiness.com