BFM Business

Les inquiétants signes de fatigue de l'économie indienne

L'économie indienne montre des signes de fatigue

L'économie indienne montre des signes de fatigue - -

La roupie a atteint, ce mercredi 28 août en séance, son plus bas historique. La croissance du pays est au plus bas depuis 10 ans. Le gouvernement tente de réagir.

L'éléphant indien serait-il en train de s'essouffler? Plusieurs signes montrent en effet que l'économie du pays perd de sa vitalité. Dernier en date, la chute de la roupie.

Ce mercredi 28 août, la devise indienne accélérait sa chute à mi-journée en lâchant plus de 3% face au dollar américain. Elle valait 68,74 roupies pour un dollar, ce qui marque un nouveau plus bas historique. Depuis le 1er janvier 2013, la roupie a perdu près d'un quart de sa valeur. Fin 2012, elle valait encore 55 roupies pour un dollar.

La veille, la roupie avait déjà dévissé après l'adoption par le parlement d'un gigantesque plan d'aide alimentaire. Ce programme de 19 milliards de dollars inquiète les marchés, l'Inde affichant déjà un fort déficit.

La monnaie indienne pâtit des inquiétudes sur l'état des finances du pays et des facteurs extérieurs. Pour Ashutosh Raina, analyste chez HDFC, "la fuite (des capitaux) vers le dollar refuge devrait intensifier la pression sur la roupie à court terme". La roupie est, en autres, victime de l'annonce par la Réserve fédérale américaine (Fed) d'un prochain ralentissement de ses achats d'actifs. Les investisseurs, souhaitant bénéficier de la remontée des taux d'intérêts aux États-Unis, rapatrient en effet massivement les sommes investies dans les pays émergents qui leur semblent présenter des fragilités structurelles.

36 projets d'infrastructures

Par ailleurs, l'Inde connait sa plus faible croissance depuis 10 ans. Pour 2012-2013, la hausse du PIB n'a atteint que 5% contre une croissance proche des 9% pendant de longues années.

La forte inflation (les prix de gros ont augmenté de 4,89% en avril) pénalise la consommation intérieure. De plus, le pays subit une baisse de la demande des pays occidentaux, liée à la crise. Mais l'Inde est également victime d'un système politique sclérosé et d'un réseau d'infrastructures insuffisant.

Les pannes de courant ont été citées par les experts économiques comme l’une des causes de la baisse de la croissance à 5% pour la première fois en une décennie.

Le réseau de transport indien a également nuit à l’industrialisation du pays.

Pour y remédier, le gouvernement a donné son feu vert, mardi 27 août, au lancement de 36 projets d'infrastructure pour plus de 27 milliards de dollars. L'Etat veut relancer la croissance et rétablir la confiance des investisseurs. La commission des investissements a déjà donné son aval à plusieurs projets énergétiques depuis qu’elle a été constituée.

Le gouvernement a promis d’investir mille milliards de dollars dans les routes, les ports et autres infrastructures jusqu’en 2017 pour stimuler le développement et réduire la pauvreté très répandue.

Pas de libéralisation

Mais cela risque de ne pas être suffisant. Les investisseurs étrangers, grands pourvoyeurs de croissance, ne sont pas les bienvenus. Les réformes, qui devraient ouvrir le marché, promises par le gouvernement à l'automne 2012, n'ont pas eu lieu.

La législation très stricte et les mouvements populaires découragent les géants de la distribution, notamment, à venir s'installer. De plus, le Parlement bloque toujours les lois devant libéraliser le secteur de l'assurance et de l'épargne, ainsi que l'acquisition de terres.

Diane Lacaze