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Les Français n'ont jamais été aussi nombreux à travailler en Suisse

Plus de la moitié (54,9%) de la main d'oeuvre frontalière travaillant en Suisse est d'origine française.

Plus de la moitié (54,9%) de la main d'oeuvre frontalière travaillant en Suisse est d'origine française. - Fabrice Coffrini-AFP

Plus de 171.000 frontaliers (+2,3% en un an) viennent chaque jour de France, travailler en Suisse. Ils étaient moitié moins nombreux en 2003. Tous comblent la pénurie de candidat(e)s suisses dans certains secteurs. À la clé, des salaires nettement plus élevés.

Il n'y a jamais eu autant de travailleurs frontaliers issus de France à traverser chaque jour la frontière pour occuper un emploi en Suisse. L'office fédéral de la statistique (OFS) en recense très exactement 171.835. Leur nombre est en progression de 2,3% sur un an (+3800).

Sur une durée plus longue, la montée en puissance des frontaliers venus de France est très impressionnante. Leur nombre a doublé en 14 ans, puisque, toujours selon l'OFS, ils étaient environ 85.000 en 2003.

Le contingent des frontaliers venus d'Italie en 2017 (les plus nombreux après les Français) n'atteint toujours pas ce nombre puisqu'ils ne sont que 72.983 à venir travailler en Suisse chaque jour.

Cette forte et régulière augmentation du flux de Français explique que plus de la moitié de la main-d'oeuvre frontalière (54,9%) est désormais domiciliée dans l'Hexagone, essentiellement dans les départements limitrophes de la Suisse romande.

A fin 2016, la grande majorité des frontaliers (toutes origines confondues) travaillaient en Suisse dans le secteur des services (65,4%). L'industrie en comptait 34,0% et l'agriculture seulement 0,6%.

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Et la part dominante des services risque encore d'augmenter. Sur le troisième trimestre 2017, les frontaliers ont vu leur nombre augmenter dans le secteur de la santé (+5% sur un an) et la restauration (+5% aussi). Mais le secteur qui a embauché le plus sur la période a été celui des services informatiques: + 7,3% avec 5803 emplois pourvus par des frontaliers, selon l'OFS.

Outre l'assurance de trouver un emploi compte tenu de la pénurie de candidats suisses dans certains secteurs d'activité, c'est la promesse les salaires élevés qui attirent les frontaliers.

Des salaires 1,9 fois supérieurs à ceux payés en France

Selon l'OFS, lorsqu'on considère les pays voisins, en tenant compte de la parité euros-franc suisse, les salaires annuels payés en Suisse sont 1,7 fois supérieurs à ceux versés en Allemagne et en Autriche, 1,9 fois supérieurs à ceux payés en France et 2,1 fois supérieurs aux salaires de l’Italie. Avec un salaire brut annuel moyen (pour un poste à plein temps) de 71 694 euros, niveau influencé en partie par la force du franc, la Suisse figure en première position en Europe devant le Danemark.

La hausse des flux de frontaliers (alors que dans l'ensemble des actifs occupés en Suisse leur part atteignait 6,3% fin 2016) se poursuit donc en dépit du vote majoritaire des citoyens de la confédération helvétique le 9 février 2014 en faveur d'une limitation de l'immigration dans leur pays.

Des quotas devaient être fixés pour tous les étrangers s'établissant en Suisse pour quatre mois et plus, y compris les travailleurs frontaliers ce qui était une première. Mais les autorités helvétiques avaient fait savoir que les ressortissants des pays de l'Union européenne continueraient à bénéficier de conditions d'admission plus favorables. 

Frédéric Bergé