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Les Etats-Unis franchissent de justesse le mur budgétaire

Le vote final du compromis est une victoire pour Barack Obama

Le vote final du compromis est une victoire pour Barack Obama - -

Après le Sénat, la Chambre américaine des représentants a approuvé, ce mercredi 2 janvier, le compromis permettant d’éviter 600 milliards de dollars de coupes budgétaires automatiques et de hausses d’impôts.

Les Etats-Unis évitent finalement d’extrême justesse les conséquences du fiscal cliff ("mur budgétaire" ou "falaise fiscale"). Ce mercredi 2 janvier, la Chambre américaine des représentants a approuvé vers 5 heure du matin, heure française, le compromis déjà validé par le Sénat et la Maison Blanche.

Cet accord permettra d’éviter cette "falaise fiscale", qui prévoyait un cocktail de 600 milliards de dollars de hausse d’impôts et de coupes drastiques dans les dépenses. Elle était le fruit d’un marchandage datant de 2011 au Congrès : si aucun accord sur des mesures visant à réduire la dette n’était trouvé au Congrès avant que le plafond de la dette américaine ne soit atteint, alors ce dangereux mélange entrerait en vigueur. Il aurait alors causé des répercussions économiques conséquentes tant pour les Etats-Unis que pour la croissance mondiale, les impôts augmentant en moyenne de 2 000 dollars par foyer américain par an.

Ce mercredi matin, le président Barack Obama, qui va promulguer l’accord, a salué le vote de compromis, affirmant qu’il avait tenu une de ses promesses de campagne : établir : une fiscalité plus juste.

"L'un des piliers de ma campagne présidentielle était de changer un code des impôts qui était trop favorable aux riches aux dépens de la classe moyenne", a déclaré le locataire de la Maison Blanche.

Prochaine bataille: le plafond de la dette

Il est vrai que l’accord désormais entériné par le Sénat, la Chambre des représentants et la Maison Blanche prévoit à la fois d’augmenter les impôts pour les ménages dont les revenus excèdent 450 000 dollars et (400 000 dollars pour un célibataire). 2% de la population américaine est concernée, et la mesure doit rapporter 600 milliards de dollars sur cinq ans.

Démocrates et Républicains ont du faire des concessions sur ce point. Les premiers souhaitaient que le seuil de ces hausses d'impôts soient de 250 000 dollars. Les seconds refusaient de nouvelles hausses d'impôts car, pour eux, taxer les plus riches revient à prendre de l'argent disponible pour soutenir la croissance.

Ces ménages aisés verront leur imposition passer de 35 à 39,6% de leurs revenus totaux. Toutefois, assez peu de riches Américains arrivaient déjà à un taux de 35%, en raison du système de niches fiscales en vigueur aux Etats-Unis.

Le compromis reporte également de deux mois l’échéance de coupes dans les dépenses publiques et augure donc d'une nouvelle bataille à court terme entre la Maison Blanche et les conservateurs.

Certains élus républicains ont tenté mardi d'amender l'accord, en proposant 330 milliards de dollars de réduction des dépenses publiques en plus, mais ont dû y renoncer, faute de soutiens suffisants dans leur propre camp.

En réalité, le mur budgétaire avait été atteint dès lundi soir, le plafond de la dette ayant été officiellement touché dans la nuit de lundi à mardi. Mais mardi étant un jour chômé, la falaise fiscal n’a pas eu de réel impact, laissant jusqu’à mercredi aux élus américains pour éviter un vrai retour de bâton sur les marchés.

Ce qui est donc chose faite. Pour Barack Obama, il s’agit d’une réelle victoire, certes à l’arrachée. Désormais une prochaine bataille se profile entre la Maison Blanche et le Congrès : trouver un accord sur le relèvement du plafond de la dette, atteint depuis lundi.

Le président américain a toutefois déjà prévenu : il n’est pas question que les discussions sur ce sujet connaissent autant d’atermoiements.

Une impasse sur cette question du relèvement du plafond de la dette avait déjà coûté aux Etats-Unis, en 2011, leur triple A, l’agence de notation Standard & Poor's choisissant de dégrader le pays d’outre-Atlantique.

Emmanuel Duteil et Julien Marion et agences