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Les difficultés du shutdown américain

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Les Etats-Unis sont bloqués par un affrontement à deux niveaux : un budget qui n’a toujours pas été voté par le Congrès ; et en plus une impossibilité juridique d’emprunter,

Les Etats-Unis sont bloqués et ne peuvent même pas emprunter. Même si le budget était adopté, car le congrès là encore a fixé un plafond de dette dont tout nouvel emprunt conduirait au dépassement. En pratique, en effet, ce plafond dette est atteint aujourd’hui. Mais résoudre la difficulté sur la dette ne résoudra pas le problème du budget en tant que tel. Tout cela donne le sentiment d’une incroyable désorganisation de la première économie mondiale dont nous aurons évidemment à souffrir.

Quels sont les vrais enjeux de la situation américaine ?

Comme le budget n’a pas été adopté, l’Etat ne peut régler que les dépenses les plus prioritaires. Pour ce faire il reçoit des impôts et il emprunte. Et là de nouveau blocage : il va bientôt ne plus avoir la possibilité d’emprunter. C’est un blocage politique. Si les Etats-Unis allaient au devant des prêteurs potentiels, ceux –ci leur feraient confiance sans problème et ils obtiendraient les sommes dont ils ont besoin sans aucune difficulté. On n’est pas dans le cas de la Grèce ou naguère des pays d’Amérique latine, à qui personne ne voulait prêter.
En fait pour ceux à qui l’Etat américain doit de l’argent, c’est une question de temps. Ils savent qu’un jour ils seront remboursés. Il leur faut être patients. Le problème est que certains n’ont pas les moyens d’être patients. Ils vont devoir eux-mêmes emprunter pour compenser l’argent que l’Etat américain tarde à leur rendre. Et cela va inévitablement conduire à une hausse des taux d’intérêt.

Quelles vont être les conséquences pour nous ?

Quelles que soient les modalités finales de cette sortie de crise, il n’y aura pas de cataclysme car les fondamentaux de l’économie américaine ne sont pas directement en cause. En revanche, il y aura deux conséquences à mon avis assez claires : une hausse de l’euro par rapport au dollar, ce qui va encore faire hurler nos exportateurs, mais allègera notre facture pétrolière ; une hausse des taux d’intérêt, ce qui alourdira nos dépenses publiques et va pénaliser les acheteurs d’immobilier.

Cela laissera des traces

Oui ; le pouvoir américain est affaibli, non seulement sur le plan politique mais aussi sur le plan économique. Certes, la puissance américaine est inégalable pour le moment (25% de la production mondiale) mais le provincialisme des dirigeants ne peut que détourner du pays y compris les investisseurs.

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Jean-Marc Daniel