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Les agriculteurs français craignent les répercussions de la crise ukrainienne sur leur activité

La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a dit craindre d'éventuelles mesures de rétorsion de la Russie contre les produits agricoles européens ainsi qu'une nouvelle flambée des coûts de production.

Invitée de BFM Business ce mardi soir, Christiane Lambert a fait part de sa "forte inquiétude" quant aux conséquences de la crise ukrainienne pour les agriculteurs français. Et pour cause, "les sanctions financières" décidées par l'Union européenne contre la Russie "créent un risque énorme de mesures de rétorsion contre les produits de l'UE", a détaillé la présidente de la FNSEA.

C'est en tout cas ce qu'il s'était passé en 2014, lors de l'annexion de la crise de Crimée. A l'époque, l'agriculture avait été "le premier secteur qui a été ciblé par Vladimir Poutine", a rappelé Christiane Lambert, ajoutant que les agriculteurs français n'ont "jamais retrouvé les volumes perdus à ce moment-là".

"Déstabilisation de la géopolitique du blé"

La présidente de la Fédération des agriculteurs s'inquiète aussi des incidences du conflit russo-ukrainien sur les marchés du blé alors que les deux régions du Dombass dont Vladimir Poutine a reconnu l'indépendance "représentent une part importante de la production de blé ukrainien". De plus, "12% des exportations mondiales de blé viennent d'Ukraine", a-t-elle précisé.

Et "ces exportations vont essentiellement vers l'Egypte et l'Indonésie. Il y a un risque de moindres livraisons dans ces zones-là, donc de pénurie alimentaire dans une région où cela peut représenter une instabilité politique", a encore indiqué Christiane Lambert, jugeant "très préoccupante" cette "déstabilisation de la géopolitique du blé".

Sans compter que cette situation risque de conduire à une nouvelle flambée des coûts de production. "Vladimir Poutine a la main sur le robinet du gaz et pour faire des engrais, il faut du gaz. Les engrais ont déjà augmenté de 90% en un an, c'est énorme", a déploré la présidente de la FNSEA, assurant qu'il fallait que les agriculteurs puissent "répercuter ces hausses, sans quoi nos exploitations ne vont pas équilibrer leurs comptes".

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco