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Le shutdown américain peut-il pénaliser la France?

Le "shutdown" américain porte peu à conséquences pour l'Europe, mais un défaut des Etats-Unis provoquerait une "déflagration mondiale".

Le "shutdown" américain porte peu à conséquences pour l'Europe, mais un défaut des Etats-Unis provoquerait une "déflagration mondiale". - -

La fermeture de certaines administrations jugées non-prioritaires aux Etats-Unis va pénaliser la croissance américaine. Pas assez pour impacter la timide reprise française, mais un risque existe.

Aux Etats-Unis, Barack Obama a appelé une nouvelle fois, ce 4 octobre, les élus républicains à voter le budget. Depuis quatre jours maintenant, l'Etat fédéral n'a pas de Budget et a dû se résoudre au "shutdown", la fermeture de plusieurs administrations jugées non-prioritaires faute d'argent pour payer les salaires.

Cette situation peut-elle pénaliser la fragile reprise française, constatée par l'Insee jeudi? Selon l'INSEE, un "shutdown" de quatre semaines pénaliserait la croissance américaine de 0,2 points de PIB. En France, l'impact serait tellement "marginal" qu'il n'est "même pas chiffrable", indique Cédric Audenis, chef du département de la Conjoncture à l'Insee, au micro de BFM Business.

En revanche, ce blocage préfigure des négociations extrêmement tendues sur le relèvement du plafond de la dette. Pour la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, "la paralysie budgétaire est déjà assez néfaste, mais l'incapacité de relever le plafond de la dette serait pire encore".

Les décideurs américains ont des responsabilités mondiales

Ce serait un "scénario catastrophe" pour Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France sur BFM Business, qui "n'ose pas imaginer que cela se produise". Le blocage actuel, s'il ne porte pas directement à conséquence, reste "très préoccupant pour l'économie mondiale". Ainsi, "il serait temps que les décideurs américains comprennent la responsabilité qu'il porte", et évitent de "jouer avec le feu".

Même si pour l'instant, en dépit des avertissements de Barack Obama, les marchés s'inquiètent peu. Rien d'étonnant pour Philippe Sabbah, président de Robeco France, dans Intégrale Bourse jeudi 3 octobre sur BFMBusiness.

Le calme vient de ce que "personne ne parvient aujourd'hui à envisager la déflagration mondiale que produirait un défaut américain", explique-t-il. Aux yeux de tous, "s'il y en a bien un qui est too big too fail, c'est bien celui-là" c'est pourquoi les investisseurs sont "obligés de se dire que, fatalement, un accord sera trouvé".

Nina Godart