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Le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama démissionne

Le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama a annoncé mercredi sa démission, à quelques semaines d'élections sénatoriales que son parti redoutait de perdre sous la conduite d'un dirigeant dont la cote de popularité est au plus bas. /Photo prise le 2 juin

Le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama a annoncé mercredi sa démission, à quelques semaines d'élections sénatoriales que son parti redoutait de perdre sous la conduite d'un dirigeant dont la cote de popularité est au plus bas. /Photo prise le 2 juin - -

par Linda Sieg et Yoko Nishikawa TOKYO - Le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama a annoncé mercredi sa démission, à quelques semaines...

par Linda Sieg et Yoko Nishikawa

TOKYO (Reuters) - L'impopulaire Premier ministre japonais Yukio Hatoyama et le puissant numéro deux du Parti démocrate (PDJ) au pouvoir, Ichiro Ozawa, ont présenté mercredi leur démission afin de relancer les chances de leur parti à quelques semaines des élections sénatoriales du 11 juillet.

Les militants du PDJ avaient multiplié ces derniers temps les appels à la démission de Hatoyama, arrivé au pouvoir voici seulement huit mois. La victoire de cet homme de 63 ans avait mis fin à plus de 50 ans d'emprise du Parti libéral-démocrate (PLD) sur la vie politique japonaise. Mais la cote de popularité du chef du PDJ, dont les électeurs doutaient de la capacité à gouverner, s'est effondrée depuis son arrivée aux affaires.

"Afin de revitaliser notre parti, nous devons faire place tout à fait nette au Parti démocrate. J'aimerais vous demander votre coopération", a dit Hatoyama, qui a déclaré les larmes aux yeux devant les députés qu'il quittait son poste. Il est le quatrième Premier ministre à quitter ses fonctions après moins d'un an au Japon.

L'image plus traditionnelle d'Ozawa, secrétaire général du Part, perçu comme l'homme qui tirait les ficelles en coulisses mais aussi soupçonné d'être impliqué dans un scandale financier, a également coûté au PDJ.

Le parti devrait désigner un nouveau chef vendredi à l'issue de réunions de ses députés et sénateurs, a-t-on appris auprès d'un dirigeant du parti. Un nouveau gouvernement devrait être formé dès lundi.

Les analystes misent sur le ministre des Finances Naoto Kan pour prendre la tête du PDJ. La chaîne de télévision nippone NTV a estimé elle aussi que Naoto Kan serait vraisemblablement candidat à la direction du parti, ce qui fera de lui le prochain Premier ministre.

DÉPART DES SOCIAUX-DÉMOCRATES

Agé de 63 ans, est l'un des députés qui ont fondé le PDJ avec Hatoyama, voici plus de dix ans. Ministre de la Santé dans les années 1990, il a intégré le gouvernement Hatoyama seulement en janvier. A ce poste, il a manifesté son intention d'assainir les finances publiques nippones et souhaité l'examen par le parlement d'un texte de loi fixant le cadre d'une réforme de la fiscalité.

Il a pressé la Banque centrale de faire davantage pour juguler la déflation et s'est montré plus ouvert que Hatoyama à une augmentation de taxes pour couvrir les dépenses sociales en forte augmentation dans ce pays à la population vieillissante et dont la dette publique atteint presque 200% du Produit intérieur brut.

Le départ de Hatoyama et d'Ozawa, notent les observateurs, ne résoudra pas tous les problèmes, d'autant que les électeurs n'avaient pas goûté les précédents départs précoces de dirigeants, mais pourra donner un nouveau souffle au PDJ.

Le yen a d'ailleurs reculé face au dollar après l'annonce des démissions. L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a clôturé sur un repli de 1,1%.

"Se séparer d'Ozawa et Hatoyama ne ramènera pas tout le soutien, mais au moins, les démocrates n'auront plus à rester sur la défensive pendant toute la campagne", a estimé Katsuhiko Nakamura, directeur de recherche au Forum Asie Japon.

Les libéraux démocrates s'étaient vu reprocher par le passé de changer de Premier ministre sans en appeler aux électeurs, aussi Nakamura estime-t-il que le nouveau chef du gouvernement pourrait rapidement se soumettre au verdict des urnes.

Ces troubles politiques, auquel s'est ajouté ce week-end le départ du Parti social-démocrate de la coalition gouvernementale pour protester contre le maintien d'une base militaire américaine sur l'île d'Okinawa, ont détourné l'exécutif de ses priorités, au premier rang desquelles la réduction du déficit.

"La démission de Hatoyama pourrait engendrer des retards dans l'annonce prévue ce mois-ci de la stratégie de croissance et des objectifs budgétaires du gouvernement. Quiconque remplacera Hatoyama devra y travailler avant les élections sénatoriales, au risque de décevoir les électeurs", a noté Hirokata Kusaba, économiste à l'institut de recherche Mizuho.

Grégory Blachier et Eric Faye pour le service français