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Le Luxembourg échangera des informations bancaires dès 2015

Le Luxembourg donne des gages de bonne volonté à Bruxelles

Le Luxembourg donne des gages de bonne volonté à Bruxelles - -

Selon le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, ce mercredi 10 avril, son pays sera prêt à échanger des informations bancaires avec ses voisins européens à partir du 1er janvier 2015. Le Grand-Duché fait ainsi un pas supplémentaire en direction de Bruxelles.

Le Luxembourg passe presque des paroles aux actes. Ce mercredi 10 avril, son Premier ministre, Jean-Claude Juncker, a déclaré au Parlement luxembourgeois que son pays peut "sans grand dommage, instaurer un échange automatique d'informations bancaires à partir du 1er janvier 2015".

Le Grand-Duché donne ainsi un peu plus des gages de bonne volonté à ses voisins européens. Dimanche 7 avril, son ministre des Finances, Luc Frieden, avait déjà déclaré dans un entretien au Frankfurter Allgemeine Zeitung que "la tendance internationale va vers un échange automatique d'informations bancaires. Nous n'y sommes plus strictement opposés".

Les Européens, la France et l'Allemagne en tête, ont lancé une offensive pour lutter contre l'évasion fiscale et plaident, en ce sens, pour que l'ensemble des 27 pays de l'Union européenne partage des informations sur les comptes bancaires telles que les noms ou les adresses des titulaires de compte.

La colère de Bruxelles envers l'Autriche

Leurs pressions ont eu raison de l'Autriche, qui, contrairement au Luxembourg, refusait catégoriquement de lever le voile sur son secret bancaire. Werner Faymann, chancelier social-démocrate du pays, a ainsi ouvert la voie à la coopération, mardi 9 avril, en déclarant devant la presse, que son pays était prêt à discuter de son secret bancaire.

Mais il a fallu que Bruxelles gronde pour en arriver là. Emer Traynor, porte-parole du commissaire européen chargé de la Fiscalité, Algirdas Semeta, avait ainsi estimé qu'"il est impossible qu'un Etat-membre bloque les 26 autres". "Il est difficile pour l'Autriche de maintenir sa position quand tous les autres Etats membres sont prêts à avancer vers un échange automatique d'informations", a-t-elle insisté lors d'un point de presse.

Julien Marion avec Reuters