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Le Japon acte une hausse à haut risque de sa TVA

Shinzo Abe, le Premier ministre japonais doit trouver un difficile équilibre.

Shinzo Abe, le Premier ministre japonais doit trouver un difficile équilibre. - -

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a entériné, mardi 1er octobre, le relèvement de la TVA qui passera de 5% à 8% en 2014, puis à 10% en 2015. Pour atténuer les effets négatifs de cette hausse, il a annoncé un plan de soutien à l'économie d'environ 40 milliards d'euros.

C'est une grande première. Ce mardi 1er octobre le Premier ministre japonais Shinzo Abe a décidé d'acter la hausse de la TVA dans son pays. Le taux sera ainsi relevé en deux temps: elle passera de 5 à 8% en avril 2014 puis à 10% en octobre 2015.

La mesure en tant que telle avait été votée en juillet 2012. Le gouvernement était alors dirigé par Yoshihiko Noda. Toutefois, la loi réservait le droit au Premier ministre de ne pas donner son feu vert à la hausse de la TVA, si les conditions économiques n'étaient pas suffisamment clémentes.

Shinzo Abe a ainsi jugé, ce lundi, que le climat était suffisamment propice pour donner son aval à la mesure. En décrétant cette hausse de la TVA, il décide de faire un premier grand pas vers le redressement des comptes publics. Pour rappel, la dette nippone devrait atteindre, à la fin de cette année, l'impressionnant niveau de 245% du PIB.

45 milliards d'euros de recettes supplémentaires

Cette hausse de la TVA doit ainsi permettre d'importantes rentrées fiscales supplémentaires. Le 16 septembre dernier le Conseil de politique économique et budgétaire estimait que la hausse de 2014 représenterait 6.000 milliards d'euros de yens (soit 45,3 milliards d'euros).

La décision de Shinzo Abe peut être considérée comme courageuse, d'autant plus qu'elle complique l'équation que le Premier ministre japonais tente de résoudre. Depuis son arrivée au pouvoir, fin 2012, Shinzo Abe mène une audacieuse politique de relance destinée à sortir le pays de la déflation et dynamiser la croissance.

"Le Japon est en pleine phase d'expérimentation et cette décision représente un test crucial pour les Abenomics (la politique économique de Shinzo Abe, ndlr)", souligne ainsi Tomoaki Iwai, professeur de sciences politiques à l'Université Nihon de Tokyo cité par l'AFP.

Ne pas casser la dynamique

Toute la difficulté est donc de ne pas casser la dynamique enclenchée. Dans ce but Shinzo Abe a parallèlement annoncé, ce même mardi, un plan de soutien à l'économie représentant environ 40 milliards d'euros, pour compenser l'effet de la hausse de la TVA.

Reste à savoir si le gouvernement nippon parviendra à trouver le juste équilibre. Jusqu'ici, le gouvernement semblait tenir le bon bout: en septembre dernier, la croissance japonaise pour le deuxième trimestre avait été révisée à la hausse, atteignant presque 1% (0,9%).

Shinzo Abe joue sur trois leviers, les fameuses "trois flèches" de sa politique économique (fiscalité souple, politique monétaire accommodante et réformes structurelles). En présentant la troisième de ses flèches, les réformes structurelles, en juin dernier, il voulait "faire exploser le dynamisme du secteur privé".

Julien Marion avec AFP