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La Suisse va (enfin) se doter de nouveaux billets de banque

"l'aspect définitif des futurs billets ne correspondra pas à celui des projets de Manuela Pfrunder" a indiqué la BNS.

"l'aspect définitif des futurs billets ne correspondra pas à celui des projets de Manuela Pfrunder" a indiqué la BNS. - BNS

La première coupure -celle de 50 francs- sera livrée en avril 2016. Tous les billets, y compris celui de 1.000 francs, auront été changés d’ici à la fin 2019. Leur apparition avait été programmée pour 2010, mais des questions de sécurité expliquent ce gros retard.

Les Suisses découvriront en avril prochain un nouveau billet de banque. La coupure de 50 francs sera la première concernée par la mise en circulation d’une nouvelle série complète allant de 10 à 1.000 francs. L’artiste Sophie Taeuber-Arp -qui s’était exilée en France avec son mari Jean Arp en 1929- ne sera plus la vedette du futur billet de 50 francs.

Le dessin de la nouvelle série a été confié à Manuela Pfunder. Cette graphiste zurichoise avait été désignée il y a dix ans à l’issue d’un concours organisé par la Banque nationale de Suisse (BNS). Le design des billets devait répondre à une thématique précise: "La Suisse ouverte au monde". La graphiste avait donc choisi de ne faire figurer aucun personnage sur ses billets qui auraient dû voir le jour en 2010. 

Sécurité et secret renforcés

Mais le dossier a pris un gros retard. La BNS a d'abord annoncé que leur lancement interviendrait à la fin 2012 en raison d"ajustements techniques". Mais le vol de plusieurs milliers de coupures de 1.000 francs juste après leur impression chez Orell Füssli avait obligé cette société à revoir les conditions de sécurité de la production des nouveaux billets. D'où ce nouveau retard de trois ans et demi!

On ignore aujourd'hui à quoi ressembleront finalement les nouvelles coupures. La BNS se contente de préciser que "l'aspect définitif des futurs billets ne correspondra pas à celui des projets de Manuela Pfrunder". Soucieuse sans doute de ne pas aider les contrefacteurs à se préparer à ce changement, la banque centrale entend communiquer le plus tard possible sur leur aspect définitif et les éléments de sécurité dont ils seront porteurs.

"L’argent peut être beau, mais il doit être sûr"

La société suisse historiquement chargée de l’impression, Orell Füssli Security Printing, va donc travailler dans le plus grand secret. Cette entreprise zurichoise, dont un tiers du capital est détenu par la banque nationale de Suiss, a annoncé à ses actionnaires que son résultat serait "nettement meilleur que l’an dernier". L’impression de dizaines de millions de nouvelles coupures devrait, de fait, lui rapporter gros.

"Les coûts de fabrication d'un billet de banque (conception, papier et impression) s'élèvent en moyenne à environ 30 centimes" précise la BNS. Un coût nettement supérieur à celui des euros. La Banque de France estime à 5 centimes (hors conception) le coût à l'unité du nouveau billet de 5 euros qui a fait son apparition en 2005. "L’argent peut être beau, mais il doit être sûr" indique Orell Füssli sur son site internet. Tout est dit.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco