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La banque du Vatican multiplie par 25 son bénéfice

La basilique Saint Pierre au Vatican

La basilique Saint Pierre au Vatican - Alberto Pizzoli - AFP

L'institut pour les œuvres de religion a enregistré un bénéfice net de 69,3 millions d'euros en 2014 contre 2,9 millions l'année précédente. Des progrès notamment dus aux efforts pour freiner les dépenses extraordinaires.

De bonnes affaires pour le Saint-Siège. L'Institut pour les oeuvres de religion (IOR), la "banque" du Vatican, a annoncé ce lundi 25 mai avoir clôturé l'année 2014 sur une amélioration considérable de son bénéfice net qui est passé de 2,9 millions d'euros à 69,3 millions d'euros.

Cette amélioration s'explique essentiellement par une évolution positive dans la gestion du portefeuille financier et par la diminution des dépenses extraordinaires, selon un communiqué de la banque.

L'IOR, dirigé depuis 2014 par le Français Jean-Baptiste de Franssu, entend destiner 55 millions d'euros au budget du Saint-Siège et conserver 14,3 millions d'euros dans les réserves de l'Institut. Au 31 décembre, le patrimoine net de l'IOR s'élevait à 695 millions d'euros contre 720 millions d'euros fin 2013.

La valeur totale des avoirs confiés à l'IOR par ses clients a augmenté légèrement à 6 milliards d'euros en 2014 (contre 5,9 milliards en 2013), dont 2,1 milliards correspondent à des dépôts (contre 1,9 milliard en 2013).

Rendre les activités moins risquées

"Un grand effort a été fait pour combattre les comportements illicites qui ont concerné dans le passé l'Institut. Et la mise au point du plan stratégique à long terme a bien progressé", souligne le communiqué.

L'IOR avait été mêlé dans le passé à des scandales comme la faillite du Banco Ambrosiano. Le Vatican sous Benoît XVI a commencé à lutter contre le recyclage de l'argent sale notamment de la mafia. Une action renforcée encore sous le pontificat de François. Des enquêtes menées par la justice italienne sont en cours sur certaines opérations suspectes. Le Vatican et l'Italie ont signé récemment un accord contre l'évasion fiscale.

Jean-Baptiste de Franssu, cité dans le rapport 2014 de l'IOR, a évoqué l'élaboration d'un plan stratégique en phase de finalisation destiné à "donner la priorité absolue aux besoins des clients en leur offrant des services de qualité" et "à rendre moins risquées les activités de l'institut".

Le communiqué indique que l'IOR comptait au 31 décembre 2014 15.181 clients, et que 4.614 autres comptes ont été fermés depuis mai 2013, en vertu des procédures KYC ("know you customer", "connaissez votre client"). 274 autres comptes sont actuellement "en phase de clôture", en application de ces mêmes procédures.

Parmi les 4.614 comptes fermés, 2.600 étaient "dormants", avec "des dépôts infimes et inactifs", et 554 ont été fermés parce qu'ils "ne correspondaient à la définition de la clientèle". 1.460 autres ont été "clos par extinction naturelle". Les activités de l'IOR, contrôlées par le cabinet d'audit Deloitte et Touche, doivent être soumis pour approbation à une Commission des cardinaux qui supervise l'IOR.

J.M. avec AFP