BFM Business

L'US Navy met à l'eau le destroyer le plus cher et le plus fou de l'histoire

L'USS Zumwalt est le premier navire de guerre "furtif" dont disposera l'US Navy. Il a pris la mer cette semaine pour un premier essai. Ce bâtiment, dont le design rappelle celui des vaisseaux de Star Wars, est un concentré de technologie dont le coût est 7 fois supérieur à celui du Mistral français.

L'US Navy est malicieuse. La marine américaine qui est très fière de son nouveau navire de combat, l'USS Zumwalt, ne lésine pas sur la communication. Communiqué de presse, vidéo, photos en haute-définition, informations, chiffres... La marine américaine lance un nouveau navire comme on lance un un smartphone. Il ne manque plus que la keynote sur scène. L'US Navy a même fait preuve de malice dans le choix de l'officier qui va commander à bord de cette frégate: James Kirk, un parfait homonyme du héros de Star Trek. De quoi faire le buzz sur Internet.

Cela dit, l'USS Zumwalt n'avait peut-être pas besoin de ce clin d'oeil. Ce bâtiment de 185,9 mètres de long est l'un des projets militaires les plus pharaoniques du monde. Plus grand et plus lourd (15.600 tonnes à pleine-charge) que les croiseurs lance-missiles classiques, il va devenir le plus important bâtiment de combat américain après les porte-avions et les sous-marins. 

7 fois plus cher que le Mistral

Baptisé du nom de l'amiral Elmo Zumwalt (chef des opérations navales américaine entre 1970 et 1974 et fervent défenseur de la fin des discriminations dans l'armée) ce navire est le premier des trois bâtiments commandés par l'US Navy en 2008. Une commande record de 22,5 milliards de dollars.

L'USS Zumwalt, dont les travaux de construction ont duré 6 ans, aura au final coûté la bagatelle de 4,4 milliards de dollars (4,1 milliards d'euros). C'est plus, par exemple que le porte-avions USS Ronald Reagan (4,3 milliards de dollars) ou que le fleuron de la marine française, le fameux Charles-de-Gaulle actuellement en opération au Moyen-Orient.

Ce dernier dont la construction a duré 14 ans a coûté aux alentours de 20 milliards de francs, soit peu ou prou l'équivalent de 4 milliards d'euros actuels. Et la différence de prix avec un bâtiment de combat ayant une taille comparable comme le Mistral est encore plus flagrante puisque la frégate américaine coûte sept fois plus cher.

En fait, le seul bâtiment de guerre à avoir coûté plus cher est l'USS Gérald Ford, le dernier-né des porte-avions nucléaires de l'US Navy qui doit rejoindre la flotte américaine en février 2016. Son coût est évalué à 13 milliards de dollars.

-
- © -

Mais même s'ils ont un tonnage et une longueur comparables, les deux navires n'ont rien à voir. Le Mistral est un porte-hélicoptères, c'est avant tout un navire de transport quand l'USS Zumwalt est lui une véritable base de guerre navale. S'il peut emporter avec lui 3 Seahawk, les hélicoptères de l’US Navy, ou bien des drones, il dispose d'un armement impressionnant parmi lesquels des missiles capables de frapper à une distance de 120 km. 

Mais si ce navire est révolutionnaire c'est surtout pour son design unique qui a des faux airs de destroyer stellaire de Star Wars. Une forme très particulière tout en angle vif qui lui permet de ne pas être détecté par les radars. Ces derniers le prennent en effet pour un aimable bateau de pêche. Le bâtiment est en quelque sorte l'équivalent de l'avion furtif B2 mais pour la mer. 

A l'intérieur, on retrouve un concentré de technologies avec un cerveau composé de serveurs IBM sous Linux profondément enfouis au fond de la coque dans une pièce rafraîchie à l'eau froide et pouvant résister aux chocs, vibrations et impulsions électro-magnétiques. Le moteur de l'appareil est électrique (à la différence des frégates Mistral qui tournent au diesel). Autant de technologies qui permettent à l'appareil d'être piloté par un équipage réduit A peine 158 marins embarqueront sur l'USS Zumwalt lors de son entrée en service officielle en 2016. Soit deux fois moins que sur les anciens destroyers. Dans l'armée aussi, la technologie se substitue aux hommes. 

Frédéric Bianchi