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L'Italie veut rassurer sur son déficit

Le ministre italien de l'Économie Giovanni Tria, lundi 1er octobre, à Bruxelles, à l'Ecofin, la réunion des grands argentiers européens.

Le ministre italien de l'Économie Giovanni Tria, lundi 1er octobre, à Bruxelles, à l'Ecofin, la réunion des grands argentiers européens. - JOHN THYS / AFP

Le déficit public commencera à baisser à partir de 2020 a promis ce mercredi le gouvernement italien, qui a dévoilé une version amendée de son budget, afin de rassurer Bruxelles et les marchés.

Le gouvernement italien a donc consenti à faire un geste : « la réduction du déficit interviendra après 2019 », avait promis ce mardi le ministre de l'Économie Giovanni Tria, et le Premier ministre, Giuseppe Conte est allé plus loin en précisant dans la soirée de mercredi les objectifs de déficit public : il s'élèvera bien à 2,4 % du PIB l'année prochaine, mais commencera à diminuer dès 2020, à 2,1 %, ainsi qu'en 2021, à 1,8 %.

Sous la pression des marchés et de la commission européenne, Rome s'est finalement résolu à réviser à la baisse ses ambitions budgétaires. Lors de la présentation des grandes lignes du projet du budget jeudi dernier, le gouvernement avait initialement prévu un déficit de 2,4 % pendant les trois prochaines années.

Giovanni Tria a confirmé en parallèle la volonté du gouvernement de financer ses promesses électorales, comme le revenu de citoyenneté et les baisses d'impôts, mais sans donner de chiffres. « Nous estimons fondamentale la réduction de la dette publique qui, nonobstant les règles européennes, doit être affrontée », a t-il encore déclaré.

Bruxelles voit un "bon signal"

Pierre Moscovici, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, a estimé ce mercredi que les nouveaux objectifs de déficit affichés par Rome étaient un « bon signal », montrant que les préoccupations des partenaires européens avaient été entendues. La Commission européenne, qui examinera ce projet à partir du 15 octobre, avait jugé dans un premier temps que les objectifs initiaux paraissaient « hors des clous ».

Néanmoins, le maintien de l'objectif de déficit nominal à 2,4% du PIB pour 2019 fait peser un risque, tempère le commissaire européen : celui que le déficit structurel ne sorte de la trajectoire fixée par le Pacte de stabilité et de croissance européen,

Du côté des marchés, les taux européens restent sensibles aux tensions politiques en Italie. Le rendement des BTP italiens à dix ans progressait ce jeudi matin de cinq points de base, après avoir nettement reculé la veille, à la suite de l'annonce de la réduction progressive des objectifs de déficit.

La rédaction avec AFP