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L'Australie moins sévère que prévu avec les jeunes travailleurs étrangers

De nombreux jeunes étrangers travaillent dans les fermes en Australie.

De nombreux jeunes étrangers travaillent dans les fermes en Australie. - Greg Wood - AFP

L'Australie a décidé de taxer le salaire des jeunes travailleurs dotés d'un visa vacances-travail. Mais cette taxe sera beaucoup moins élevée que les 32,5% qui étaient prévus.

Les jeunes étrangers travaillant en Australie dans le cadre d'un visa vacances-travail seront moins taxés que prévu. C'est ce que prévoit une loi votée par les sénateurs dans la nuit de jeudi à vendredi après des mois de vifs débats. À partir du 1er janvier, ils seront taxés à hauteur de 15% dès le premier dollar gagné. Le gouvernement conservateur, qui voulait dans un premier temps imposer une taxe de 32,5%, a dû revoir sa copie face aux protestations des agriculteurs et du secteur touristique. Dans l'opposition, les travaillistes réclamaient une taxe à 10,5%, comme en Nouvelle-Zélande.

Les "PVTistes", comme ils sont surnommés (d'après le programme vacances-travail), sont actuellement imposés à 19% à partir de 18.200 dollars australiens (12.680 euros) de revenus. Mais beaucoup gagnent moins que ce montant et ne paient donc pas d'impôt. Ils gagnent en moyenne 15.000 dollars (10.450 euros) et dépensent la quasi-totalité de cet argent en Australie, surtout en faisant du tourisme, selon la Fédération nationale des agriculteurs (National farmers' federation, NFF).

Au 31 décembre 2015, 155.183 jeunes étrangers séjournaient en Australie dans le cadre d'un visa vacances-travail. Ils représentent une main-d'œuvre précieuse dans les fermes, surtout au moment des récoltes, et rapportent beaucoup d'argent au secteur touristique.

"Le bon sens l'a emporté"

La Fédération a salué le vote de la loi dans un communiqué. "Après 18 mois de débats tortueux, le bon sens l'a emporté", a déclaré sa présidente Fiona Simson. Les débats sur cette taxe ont été très vifs et le gouvernement a dû s'allier avec les Verts pour parvenir à faire voter la loi.

Les agriculteurs redoutaient qu'une taxe trop élevée ne fasse fuir ces saisonniers vers d'autres destinations comme le Canada ou la Nouvelle-Zélande. L'Australie est déjà confrontée à une baisse de ces travailleurs-vacanciers, selon la NFF. Entre le 1er juillet 2015 et le 31 mai 2016, il y en avait 8% de moins que l'année précédente.

Ces jeunes, âgés de 18 à 30 ans, viennent d'une vingtaine de pays, dont la France, la Grande-Bretagne, le Canada, le Japon ou Taïwan. Le visa accordé pour un an peut être renouvelé une fois pour les PVTistes ayant travaillé dans le secteur agricole.

D. L. avec AFP