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L’argentine a survécu à la faillite

La Banque centrale de l'Argentine (DR)

La Banque centrale de l'Argentine (DR) - -

Un pays peut se relever de la faillite. Un exemple, l'Argentine qui, il y a 10 ans, était dans la même situation que la Grèce actuellement. L'Argentine qui aujourd'hui bat tous les records : une croissance de 8 %, taux de chômage stable à 7 % et une consommation des ménages dynamique. Mais la transition a été difficile.

La présidente Kristina Kirchner devrait être élue largement dimanche pour un second mandat grâce à un bilan économique très flatteur. Pourtant, le pays revient de loin.

Fin 2001, l'Argentine étouffée par sa dette, 132 milliards de dollars à l'époque, fait faillite. Le gouvernement argentin renonce alors à rembourser plus des deux tiers de ses créances. Un mois plus tard, le pays met fin à la parité avec le dollar.

Multiplication des plans de rigueur, perfusion financière du FMI

S'ensuit un programme d’ajustement fiscal drastique. Rien n'a été oublié : les prestations sociales, les salaires, la production, les investissements. Le chômage grimpe à 24 %, l'inflation à 40 %.

Le choc a été tel qu’en Amérique latine on appelle cette période la "décennie perdue" explique l'ancien ministre argentin de l'économie, Roberto Lavagna, croisé cet été lors de son passage en France.

Le pays s'est redressé aujourd'hui grâce à ses exportations agricoles. Mais le parallèle avec la Grèce s'arrête là.

La dette argentine prenait en compte 8 monnaies différentes, d'où la difficulté des négociations. De plus, le pays était isolé, alors qu’Athènes a la chance d'avoir une dette en euros, explique Roberto Lavagna... et de faire partie de l'Union européenne.

Hélène Cornet