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L'angoissant fardeau de la dette mondiale

La dette publique et privée représenterait 325% du PIB mondial.

La dette publique et privée représenterait 325% du PIB mondial. - Anthony Wallace - AFP

Selon le lobby bancaire international, la dette publique et privée atteint désormais 325% du PIB mondial. Et la perspective d'une remontée des taux inquiète les experts.

L'Institute of International Finance (IIF) a fait ses comptes. Selon ce groupement de quelque 500 institutions financières, la dette privée et publique sur le globe dépasse déjà 325% du produit intérieur brut mondial (lui-même d'environ 74.000 milliards de dollars en 2015 selon les données de la Banque mondiale, ndlr). Et sa "viabilité" pourrait être menacée par la récente remontée des coûts d'emprunt.

"Dans un contexte de croissance morose et de rentabilité des entreprises encore faible, un dollar plus fort, la hausse des rendements sur la dette souveraine (...) représentent d'importants défis, notamment pour les États et les firmes avec de grands besoins de refinancement", écrit l'IIF dans un rapport.

Les risques politiques inquiètent les banques

Les taux d'emprunt publics ont notamment bondi aux États-Unis, dopés par la perspective de larges émissions de dette pour financer le plan de relance dans les infrastructures promises par le président élu Donald Trump.

Le billet vert s'est par ailleurs récemment apprécié par rapport à l'euro, compliquant la tâche des pays émergents et d'entreprises pour rembourser leur dette libellée en dollar et augmentant le risque de défaut.

Deux autres risques politiques pourraient venir aggraver la situation, selon l'IIF. Un basculement vers des mesures plus protectionnistes, comme celles promises par Donald Trump, pourraient peser sur les "flux financiers mondiaux et s'ajouter à ces vulnérabilités". L'incertitude autour du Brexit et du sort de la place financière londonienne pourraient également peser dans la balance. "Au vu de l'importance de la City de Londres dans l'émission de dette (...), les incertitudes actuelles sur le calendrier et la nature du Brexit pourraient poser davantage de risques, notamment des coûts d'emprunt plus élevés", prévient l'IIF.

Y.D. avec AFP