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Jean-Claude Trichet: "On est au milieu du gué" sur l'Union bancaire

Jean-Claude Trichet était l'invité de BFM Business, ce vendredi 20 décembre.

Jean-Claude Trichet était l'invité de BFM Business, ce vendredi 20 décembre. - -

L'ancien président de la Banque centrale européenne était l'invité, ce vendredi 20 décembre, de BFM Business. Il a évoqué les politiques monétaires actuelles et l'Union bancaire.

Ses interventions sont rares et son expertise précieuse. L'ancien président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, était, ce vendredi 20 décembre, l'invité de Stéphane Soumier, dans l'émission Good Morning Business.

L'ancien banquier central est ainsi revenu sur la politique monétaire, la Fed ayant annoncé, mercredi 18 décembre, le début du ralentissement de son soutien à l'économie américaine. Et son bilan a dépassé les 4.000 milliards de dollars.

>> Retrouvez les principales déclarations de Jean-Claude Trichet <<

8h37: Interrogé sur l'euro fort, Jean-Claude Trichet a estimé que Louis Gallois (invité la veille sur BFMTV) ne doit pas demander à la BCE d'agir contre l'euro fort.

"La BCE prendra les bonnes décisions" sur ce sujet, a-t-il avancé. Il invite les Etats à songer "à corriger leurs défauts" pour "renforcer leur compétitivité".

8h34: "On est encore au milieu du gué", juge Jean-Claude Trichet sur l'Union bancaire, même s'il indique "avoir confiance".

Evoquant le mécanisme unique de résolution bancaire, il a évoqué "des éléments techniques qui sont encore flous". "Il y a encore beaucoup de travail". "Le système est encore compliqué alors que le système doit aller vite".

8h32: Jean-Claude Trichet a estimé que "les banques centrales ont été rendues indépendantes par la volonté de nos démocraties". Cette indépendance "est devenue une norme mondiale" car les économies pensent qu'elles sont mieux servies lorsque ces banques centrales sont "indépendantes et multi-partisanes".

"Je crois que la chance de la BCE a été qu'elle a reçu des responsabilités importantes", a-t-il poursuivi.

8h28: Il indique que la BCE a été "la première" à prendre des politiques non conventionnelles "en 2007, via des opérations de liquidité illimitées à taux fixe".

"Il ne faut pas croire que la Banque centrale européenne est plus timide" que les autres banques centrales. Il rappelle que les autres banques centrales se sont calés sur l'objectif d'inflation de la BCE soit "2%".

"Je note en passant que nous n'avons pas eu de crise de change dans la période difficile que nous venons de vivre, dans la pire crise depuis la seconde guerre mondiale", a-t-il ajouté.

8h24: "Les Banques centrales sont fondées à demander aux Etats de mettre leur maison en ordre", affirme Jean-Claude Trichet.

Il explique que le secteur privé doit agir pour permettre "la sortie" des politiques non conventionnelles", via "un travail d'assainissement", pour retrouver un système normal.

Actuellement, "c'est la crise spécifique des pays avancés. Et ceux-ci ne peuvent s'épargner le travail d'assainissement".

8h21: "La Banque centrale américaine a pris des décisions originales". La Fed "commence à sortir du "non conventionnelle", observe Jean-Claude Trichet.

"Il est clair que ce qui a été fait est transitoire et correspond au fait que l'économie ne fonctionne pas normalemement. Nous sommes toujours dans l'après-crise", explique l'ancien président de la BCE, qui juge que le bilan de la Fed, qui a dépassé les 4.000 milliards de dollars "va encore augmenter".

Sur ce chiffre, il appelle à la "vigilance" car cela montre "que les Banques centrales sont obligées de se substituer au fonctionnement normal de l'économie".

J.M.