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"Je suis inquiet des signaux envoyés par l'élection de Donald Trump"

Pierre Gattaz s'inquiète des signaux actuels.

Pierre Gattaz s'inquiète des signaux actuels. - Eric Piermont - AFP

Pierre Gattaz, le président du Medef, craint "le rejet d'une forme de mondialisation".

Pierre Gattaz le dit sans ambages. "Je suis inquiet (des) signaux envoyés par les Anglais sur le Brexit et par l'élection de Donald Trump, qui sont des signaux où l'on voit bien une population générale qui n'est pas dans la mondialisation, qui ne profite pas de la croissance", a déclaré le numéro un du Medef, à des journalistes.

"Les discours un peu tonitruants de Donald Trump sur le protectionnisme, sur l'augmentation des barrières douanières, nous inquiètent dans les milieux économiques", a-t-il renchéri, tout en disant attendre de voir comment la situation évoluerait outre-Atlantique. "Que les États-Unis se recroquevillent sur eux-mêmes, c'est quand même très dangereux pour le monde", a-t-il souligné.

"La fermeture de nos frontières"

Pour le patron des patrons, cette élection, et le Brexit auparavant, sont plutôt "le rejet d'une forme de mondialisation aveugle ou déséquilibrée, souvent plus financière qu'industrielle". "La fermeture de nos frontières, le repli sur soi, l'égoïsme dans nos politiques nationales sont des fausses solutions qui nous précipiterons à terme dans le gouffre de la décroissance, car réduisant les opportunités de croissance indispensables pour la prospérité des pays et des peuples", a-t-il estimé. Dans ce contexte, il faut corriger les "déséquilibres de cette mondialisation", a plaidé Pierre Gattaz.

Par ailleurs, "s'il y a des risques côté américain, ça doit nous pousser à être plus forts, en Europe d'une part, et en France d'autre part", a-t-il jugé. "Il faut que l'Europe retrouve un projet fondamentalement, facilement explicable", et que la France tire parti des opportunités offertes par le développement économique en Asie et en Afrique, a-t-il estimé.

Pierre Gattaz a par ailleurs affirmé que, dans un contexte où les taux d'intérêt pouvaient remonter, l'Hexagone avait intérêt à faire d'urgence des "réformes structurelles".

D. L. avec AFP