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IPO : coup de mou au 2e trimestre

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- - BRYAN R. SMITH / AFP

Si le nombre d’introductions en bourse a sensiblement baissé pendant la période, le montant des fonds levés reste le même avec plus de 62 milliards de dollars. L’Europe est toujours à la traîne.

Malgré des marchés financiers bien orientés, portés par les politiques accommodantes des banques centrales, le nombre d’IPO (introductions en bourse) dans le monde a baissé de 14% au 2e trimestre sur un an avec 280 opérations contre 325, selon les chiffres Global IPO Watch de PwC.

Pour autant, les fonds levés restent sensiblement les mêmes avec 62,6 milliards de dollars contre 62,2 milliards un an plus tôt.

Le rapport révèle que les services aux consommateurs ont levé le plus de fonds au deuxième semestre 2019 (20,6 milliards de dollars via 73 IPO) soutenus notamment par les IPO d’Uber Technologies et Lyft.

 Les services financiers occupent la deuxième place avec 18,4 milliards de dollars de fonds levés via 104 transactions. Quant à l’industrie, elle se classe à la troisième place avec 14,6 milliards de dollars de fonds levés via 90 IPO.

Le continent américain prend la première place en termes de valeur (53 % des fonds levés, soit 43,4 milliards de dollars), tandis que l’Asie-Pacifique domine en nombre de transactions (31 % des transactions, soit 86 opérations). Elle représente 28 % (23,4 milliards de dollars) des fonds levés, mais 58 % (265 opérations) du nombre d’IPO.

Encore des licornes aux portes de la bourse

La région EMEA (Europe, Afrique, Moyen-Orient) est à la traîne, avec 19 % (15,3 milliards de dollars) des fonds levés par IPO et 14 % (63 opérations) du nombre de transactions ce trimestre. Nexi, organisme italien de paiement (2,3 milliards de fonds levés) s’impose comme plus grosse IPO dans la région EMEA. Suivent Network International avec 1,6 milliard de dollars de fonds levés à la bourse de Londres en avril et Traton, la division poids lourds de Volkswagen, qui a levé 1,5 milliard de dollars à la bourse de Francfort en juin dernier.

Du côté de la France, « les IPO se sont inscrits dans le mouvement de repli constaté au niveau européen à la fois en termes de volumes et de montants levés. Les marchés financiers restent toutefois bien orientés en Europe et de belles sociétés préparent leur IPO sur Euronext à Paris pour le second semestre 2019. Ces opérations pourraient réouvrir le marché de l'Equity au quatrième trimestre 2019 si le contexte macro-économique reste inchangé », explique Philippe Kubisa, Associé spécialiste des marchés de capitaux chez PwC.

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Pour le reste de l’année, PwC souligne que les trois économies régionales disposent chacune d’un solide portefeuille de candidats à l’IPO qui pourrait faire grimper les niveaux d’activité au second semestre 2019.

C’est particulièrement évident sur le continent américain, où un certain nombre de « licornes » de grande valeur pourraient rejoindre Uber Technologies (plus de 8 milliards de dollars levés en mai à la bourse de New York), Avantor et Lyft sur les marchés publics cette année.

Dans les deux autres régions, les experts PwC s’attendent à quelques transactions géantes au cours des prochains mois. Par exemple, AB Inbev cherche à lever jusqu’à 9,8 milliards de dollars avec le projet d’introduction à la bourse de Hong Kong de ses activités en Asie-Pacifique. De plus,120 entreprises ont déjà soumis leur demande d’introduction au Science and Technology Innovation Board lancé en mars dernier en Chine.

Reste que les incertitudes demeurent notamment une nouvelle étape dans la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, l’intensification du conflit entre les États-Unis et l’Iran, et un Brexit sans accord. « Cependant, il est toujours possible de réaliser des IPO pour les belles sociétés, même dans un contexte de volatilité accrue », souligne PwC.

la rédaction