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Il n'y a "aucune preuve" que la Chine manipule sa monnaie, affirme le FMI

Des liasses de Yuan (image d'illustration)

Des liasses de Yuan (image d'illustration) - AFP

En dépit des mouvements de devises constatés, "il n'y a pas de preuve de manipulation" de la monnaie chinoise, estime le Fonds monétaire international.

Il n'y a "aucune preuve" que la Chine manipule sa devise, a déclaré mardi Maurice Obstfeld, le chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), répondant à une accusation du président américain Donald Trump. Maurice Obstfeld a également relevé qu'un rapport du Trésor était parvenu à "la même conclusion".

"La Chine, l'Union européenne et les autres manipulent leurs monnaies en baissant leurs taux directeurs", avait accusé vendredi le président américain dans un Tweet.

Mardi, la devise chinoise a atteint un plus bas depuis juin 2017 face au billet vert. Et depuis le 11 avril, le yuan, billet rouge à l'effigie de Mao Tsé-toung, a perdu plus de 8,3% de sa valeur face au dollar. Ce qui a pour effet de favoriser ses exportations des marchandises chinoises sur le marché américain et permet ainsi de compenser en partie les taxes punitives américaines.

"Si on regarde la combinaison d'indicateurs de croissance plus faibles depuis quelques mois et les menaces de taxes douanières contre la Chine, tout ceci pousse vers un taux de change à la baisse", a ajouté Maurice Obstfeld.

Mi-avril, le Trésor américain avait lui-même estimé que la Chine ne manipulait pas sa monnaie, mais avait placé sous surveillance ce pays de même que la Corée du Sud, l'Allemagne, le Japon, la Suisse et l'Inde.

L'administration Trump accuse la Chine de pratiques "déloyales"

La Maison-Blanche a décidé de mener une politique commerciale agressive contre la Chine qu'elle accuse de pratiques "déloyales". Elle a ainsi imposé des taxes douanières supplémentaires de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium chinois depuis fin mars. Depuis le 6 juillet, 34 milliards de dollars d'importations de marchandises chinoises sont en outre taxées à hauteur de 25%.

Les États-Unis ont également pris des mesures protectionnistes contre leurs principaux partenaires tels que l'Union européenne, le Canada et le Mexique. Mais les économistes, dont ceux du FMI, mettent en garde depuis des mois sur cette politique qui pourrait faire dérailler la croissance mondiale.

Donald Trump a, lui, défendu mardi sa stratégie en matière de commerce international, affirmant que l'instauration de tarifs douaniers sur les importations forçait les partenaires des États-Unis à négocier.

"Les tarifs douaniers sont les meilleurs! Soit un pays qui a traité les États-Unis de manière injuste sur le Commerce négocie un accord juste, soit il est frappé de tarifs douaniers", a tweeté le milliardaire républicain.
A.M. avec AFP