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Greenpeace perturbe le chargement d'un cargo d'uranium

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NANTES - Greenpeace perturbe depuis vendredi midi dans le port de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) le chargement d'un cargo russe chargé...

NANTES (Reuters) - Greenpeace perturbe depuis vendredi midi dans le port de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) le chargement d'un cargo russe chargé d'acheminer quelque 600 tonnes d'uranium appauvri vers la Russie.

Trois Zodiac et deux canoës tournaient autour du navire, le Kapitan Kuroptev, tandis que quatre nageurs ont déployé une banderole flottante "La Russie n'est pas une poubelle", a expliqué Axel Renaudin, chargé de communication de Greenpeace France.

Le Kapitan Kuroptev devait initialement charger dans le port du Havre sa marchandise, en provenance de l'usine de retraitement de La Hague (Manche) et de celle d'enrichissement de Pierrelatte (Drôme). Il a été dérouté vers Saint-Nazaire en raison de la présence d'un bateau de Greenpeace.

Une dizaine de militants de l'association écologique s'étaient enchaînés dans la nuit de mercredi à jeudi aux wagons d'un train de déchets nucléaires en gare de Valenton (Val-de-Marne) pour empêcher l'avancée du convoi à destination du port de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique).

Greenpeace estime que ces 600 tonnes d'uranium appauvri sont des "déchets nucléaires", dont l'exportation est illégale, ce que conteste Areva en s'appuyant sur une loi de 2006 qui considère que tout uranium potentiellement réutilisable ne peut être considéré comme tel.

"Ce sont des matières valorisables, très faiblement radioactives, et en aucun cas des déchets nucléaires", a déclaré un porte-parole du groupe industriel français. "Elles seront réutilisées in fine pour la fabrication de combustibles nucléaires."

"Techniquement, cet uranium est réutilisable, mais en de très faibles quantités", affirme pour sa part Axel Renaudin. "C'est comme si on envoyait aux Russes des oranges pressées, en leur disant qu'un jour ils pourront peut-être en retirer encore quelques gouttes."

L'association écologiste réclame un "moratoire immédiat" sur les exportations d'uranium appauvri vers la Russie, où la marchandise est "stockée à l'air libre en Sibérie".

Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse