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Grèce: Obama appelle à relâcher la pression

Pour Barack Obama, la Grèce ne pourra se relever sans la croissance

Pour Barack Obama, la Grèce ne pourra se relever sans la croissance - Mandel Ngan - AFP

Le président américain veut que les Européens arrêtent de "pressurer des pays en pleine dépression". Une volonté que plusieurs prix Nobel d'économie partagent.

Outre-Atlantique, la Grèce peut compter sur des soutiens de poids. Notamment en la personne de Barack Obama.

Sur la chaîne de télévision CNN, le président américain a jugé dimanche qu'on ne peut pas continuer à pressurer des pays qui sont en pleine dépression", a déclaré le président Obama alors que le nouveau gouvernement grec inquiète ses créancier en affirmant vouloir renégocier sa dette.

"A un moment donné, il faut une stratégie de croissance pour pouvoir rembourser ses dettes", a-t-il poursuivi. Le président américain a reconnu que la Grèce avait "un terrible besoin" de réformes mais qu'"il est très difficile d'initier ces changements si le niveau de vie des gens a chuté de 25%. A la longue, le système politique, la société ne peut pas le supporter".

Krugman et Stiglitz en soutien

Barack Obama n'est pas le seul à demander de relâcher la pression sur la Grèce. Plusieurs économistes prestigieux partagent ce constat: sans croissance, la Grèce est vouée à l'échec.

Demander chaque année à Athènes un surplus budgétaire (hors charge de la dette) équivalant à jusqu'à 4,5% du PIB, au prix de lourds sacrifices sociaux, c'est vouloir "tirer du sang à une pierre", écrivait ainsi le 28 janvier le prix Nobel d'économie Paul Krugman.

Et dès le 22 janvier, avant la victoire électorale de Syriza trois jours plus tard, 18 économistes de haut vol, dont les prix Nobel Joseph Stiglitz et Christopher Pissarides, demandaient dans le Financial Times "un nouveau départ" pour la Grèce. Ils réclament à la fois "une réduction de la dette, en particulier bilatérale" (due par la Grèce à des Etats), un moratoire sur le paiement des intérêts, "un montant significatif d'argent" pour financer de grands investissements,et d'importantes réformes en Grèce, notamment pour muscler la collecte d'impôts.

Le PIB en Grèce a reculé d'environ 25% entre 2009 et début 2014, avant de renouer avec la croissance au deuxième et troisième trimestre 2014 après des années de récession. La formation de gauche radicale Syriza, vainqueur des élections dimanche dernier, veut renégocier la dette de 300 milliards d'euros (près de 175% du PIB). Samedi, la chancelière allemande Angela Merkel a écarté toute idée d'effacement pur et simple de la dette, largement détenue par les Etats européens, à commencer par l'Allemagne (40 milliards d'euros) et la France (31 milliards).

J.M. avec AFP