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Grande-Bretagne : incertitudes économiques selon les agences de notation

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- - Glyn Kirk - AFP

Fitch Ratings maintient la note « AA » de la Grande-Bretagne sous surveillance avec implication négative. De son côté, Standard & Poor's confirme sa note « AA », dont la perspective reste négative.

Les agences de notations restent donc prudences, voire pessimistes. Fitch a annoncé ce vendredi maintenir la note « AA » de la Grande-Bretagne sous surveillance avec implication négative. L'agence précise que cette surveillance « reflète les risques baissiers associés à une sortie chaotique de l'UE, qui aurait des conséquences négatives pour le commerce, l'investissement et les perspectives économiques du Royaume-Uni à court et moyen termes ».

L'agence fait référence à l'accord de prolongation au 31 octobre de la procédure de l'Article 50 du Traité de Lisbonne passé entre Londres et Bruxelles. Un accord qui réduit mais n'élimine pas le risque d'un Brexit sans accord dans les six mois qui viennent, selon l'agence, qui note aussi que la tenue d'élections européennes exacerbera encore plus les divisions politiques outre-Manche.

De son côté S&P a confirmé sa note « AA », dont la perspective reste négative. L'agence observe que l'incertitude persiste concernant les futures relations de Londres avec l'UE, son principal partenaire commercial.

Pour l'agence de notation, la perspective négative « reflète le risque d'une faiblesse économique persistante et d'une dégradation des finances publiques si les exportations de biens et de services à partir du Royaume-Uni perdent l'accès à des marchés européens clé, si le financement externe diminue ou si le statut du sterling comme monnaie de réserve est remis en question ».

S&P précise qu'elle pourrait abaisser la notation de la Grande-Bretagne dans le cadre d'un « scénario suivant lequel un Brexit dur deviendrait de plus en plus certain ». Suivant ce scénario, « nous prévoyons que le déficit budgétaire augmenterait et que le ratio de la dette publique au PIB dépasserait largement celui de notre scénario de base ».

En revanche, la perspective pourrait être relevée à stable « si les négociations avec l'UE apportent plus de certitudes pour l'économie britannique et si des secteurs importants conservent l'accès aux marchés européens sans droits de douane pénalisants et sans barrières non tarifaires significatives ».

Sandrine Serais avec Reuters