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François Hollande loue la relance japonaise "bonne pour l'Europe"

François Hollande et Shinzo Abe lors de leur conférence de presse commune

François Hollande et Shinzo Abe lors de leur conférence de presse commune - -

En visite officielle au Japon, le chef de l'Etat a déclaré, ce vendredi 7 juin, que la politique économique de relance menée depuis quelques mois par le Japon était "une bonne nouvelle pour l'Europe".

Pour François Hollande, la nouvelle politique économique japonaise menée par le Premire ministre conservateur Shinzo Abe est "une bonne nouvelle pour l'Europe, parce qu'en Europe aussi, nous avons à donner priorité à la croissance".

En visite d'Etat depuis jeudi 6 juin au Japon, le président français s'exprimait lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre japonais, qui mène depuis son arrivée au pouvoir, en décembre 2012, une politique de relance budgétaire et d'assouplissement monétaire.

"Situations différentes"

"Cette priorité donnée à la croissance, cette volonté de lutter contre ce qui était appelé ici la déflation, cette exigence de faire en sorte que la compétitivité des entreprises soit recherchée en même temps afin qu'il puisse y avoir un soutien à l'activité, c'est une bonne nouvelle pour l'Europe, parce qu'en Europe aussi nous avons à donner priorité à la croissance", a affirmé François Hollande.

Il a concédé que le Japon et la France connaissaient "des situations différentes", le Japon disposant d'une banque centrale nationale autonome alors que la Banque de France est placée sous l'égide de la Banque centrale européenne (BCE). "Le Japon peut décider sa politique monétaire souverainement", a souligné le président de la République.

"La France est dans la zone euro, solidaire de ses partenaires, agissant avec eux (alors que) le Japon peut décider de sa politique monétaire souverainement", a aussi rappelé le président français.

Ce qui n'est donc pas le cas de l'Hexagone, la BCE étant la garante de la politique monétaire, et décidant pour l'ensemble des membres de la zone euro de la bonne marche à suivre.

Le président français oublie néanmoins que l'indépendance de la Banque du Japon est actuellement questionnée. Le gouvernement de Shinzo Abe a choisi de nommer Haruhiko Kuroda en février. Ce dernier a expréssement été désigné parce qu'il partageait des vues similaires avec le Premier ministre nippon, rompant ainsi avec l'immobilisme de son prédecesseur,Masaaki Shirakawa.

Une pique adressée à la Commission européenne

"Les règles en matière de budget ne sont pas non plus les mêmes", a, ensuite poursuivi François Hollande. "Il n'y a pas, que je sache, une commission asiatique", équivalent de la Commission européenne, qui supervise les politiques menées dans les pays de la région.

Une petite pique à l'égard de Bruxelles, qui, le 29 mai dernier, a formulé ses "recommandations à l'égard des Etats-membres, en demandant à la France de mettre en oeuvre le plus vite possible sa réforme des retraites. "La Commission n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire", avait réagi François Hollande.

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Il s'agit d'adopter des positions communes sur de grands enjeux internationaux, d'accentuer les coopérations économiques en favorisant les collaborations industrielles et d'amplifier le rayonnement culturel des deux pays, ont expliqué le Premier ministre nippon et le président français François Hollande.

BFMbusiness.com et AFP