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France et USA "unis et inséparables" sur l'Iran et l'Afghanistan

Lors d'une conférence de presse commune à la Maison blanche, Barack Obama et Nicolas Sarkozy ont ont déclaré que le temps était venu de sanctionner l'Iran pour son programme nucléaire. /Photo prise le 30 mars 2010/REUTERS/Jonathan Ernst

Lors d'une conférence de presse commune à la Maison blanche, Barack Obama et Nicolas Sarkozy ont ont déclaré que le temps était venu de sanctionner l'Iran pour son programme nucléaire. /Photo prise le 30 mars 2010/REUTERS/Jonathan Ernst - -

par Yann Le Guernigou WASHINGTON - Barack Obama et Nicolas Sarkozy ont déclaré de concert mardi que le temps était venu de sanctionner l'Iran pour...

par Yann Le Guernigou

WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama et Nicolas Sarkozy ont déclaré de concert mardi que le temps était venu de sanctionner l'Iran pour son programme nucléaire, le président américain souhaitant que des décisions soient prises dans les semaines qui viennent.

Lors d'une conférence de presse commune à la Maison blanche, les deux chefs d'Etat ont également exprimé leur identité de vues sur l'Afghanistan et le processus de paix au Proche-Orient.

Oubliant les frictions transatlantiques sur la régulation financière, ils ont encore affiché leur détermination à mettre en oeuvre les décisions du G20 en la matière.

"J'ai espoir que ce sera fait ce printemps", a dit Barack Obama à propos des sanctions en négociation contre l'Iran au Conseil de sécurité de l'Onu pour l'amener à suspendre un programme nucléaire dont les Occidentaux dénoncent la finalité militaire.

Il a ajouté que les Etats-Unis et la France étaient "unis et inséparables" sur la question, Nicolas Sarkozy jugeant pour sa part que "le temps est venu des décisions" pour empêcher l'Iran de "poursuivre sa course folle".

S'agissant de l'Afghanistan, où il a effectué dimanche une visite inopinée, Barack Obama s'est abstenu de toute demande explicite d'envoi de nouveaux instructeurs français dans le pays, alors que les Etats-Unis estiment les besoins en la matière à plus de 4.000 formateurs.

Mais le président français lui a fait savoir, selon son entourage, que Paris était prêt à accroître sa participation à l'effort de formation de la police et de l'armée afghanes selon des modalités qui restent à discuter.

Nicolas Sarkozy a apporté son soutien total à la stratégie des Etats-Unis en Afghanistan comme à leurs efforts pour relancer les négociations de paix au Proche-Orient, qui se sont heurtés récemment à l'annonce par Israël de nouvelles constructions dans les territoires occupés.

Sur ce dernier point, il a exprimé sa "solidarité avec le président Obama dans la condamnation du processus de colonisation", qui "n'amène rien à la sécurité d'Israël".

Les deux hommes ont transformé leur conférence de presse en exercice d'entente cordiale, soucieux visiblement de faire oublier les irritations voire les divergences qui avaient pu apparaître lors de précédentes rencontres.

IDENTITE DE VUES REMARQUABLE

Barack Obama s'est dit ravi d'accueillir à la Maison blanche son "cher ami" Nicolas Sarkozy, qu'il a invité ensuite à dîner dans ses appartements privés avec leurs épouses respectives.

Le président français a estimé de son côté que "rarement dans l'histoire la communauté de vues a été aussi identique entre les Etats-Unis et la France".

Il a loué le style du locataire de la Maison Blanche, déclarant qu'ils entretenaient un échange constant sur tous les grands sujets et qu'il était possible avec lui de discuter de tout, y compris des désaccords. "Il y a bien des dossiers qui auraient viré à l'affrontement à d'autres époques", a-t-il dit.

Parmi les sujets sensibles du moment, figure celui de l'appel d'offres des avions ravitailleurs de l'US Air Force, reconfiguré de façon jugée plus favorable à Boeing après avoir été annulé alors qu'il semblait devoir revenir à l'européen Airbus.

Nicolas Sarkozy a déclaré faire confiance à Barack Obama, qui lui a assuré que le nouvel appel d'offres serait équitable, et ajouté en conséquence qu'EADS, la maison mère d'Airbus, devrait y participer.

Les deux hommes se sont d'autre part déclarés déterminés à poursuivre la mise en oeuvre des dispositifs de réglementation de la finance décidés lors des derniers sommets du G20 et à travailler ensemble à la préparation des prochaines échéances.

La question a été évoquée lors d'un déjeuner entre leurs ministres de l'Economie, Timothy Geithner et Christine Lagarde, qui "vont travailler main dans la main pour aller plus loin encore dans la régulation du capitalisme mondial et poser notamment la question d'un nouvel ordre monétaire mondial", a dit le président français.

Dans son entourage, on souligne que les points de friction américano-européens actuels comme la régulation des fonds spéculatifs n'ont pas été évoqués. Quant au nouvel ordre monétaire mondial, un cheval de bataille de Nicolas Sarkozy qui entend en faire un des sujets majeurs de la présidence française à venir du G20, on indique que les discussions avec les Américains n'en sont qu'au tout début.

A la question de savoir si les Américains partagent le même souci des Français de lutter contre la volatilité des taux de change, cette même source estime que le sujet est encore dans leur esprit "une idée lente".

Edité par Marine Pennetier