BFM Business

Fed: les enjeux du dernier discours de Bernanke

Ben Bernanke mènera encore d'autres réunions à la Fed, mais il prend la parole ce 18 décembre, pour la dernière fois en tant que président de l'institution.

Ben Bernanke mènera encore d'autres réunions à la Fed, mais il prend la parole ce 18 décembre, pour la dernière fois en tant que président de l'institution. - -

Ben Bernanke prendra la parole pour la dernière fois en tant que président de la Réserve fédérale américaine ce mercredi 18 décembre. Voici à quelles conditions il pourra prendre sereinement sa retraite.

Ben Bernanke tient, ce mercredi 18 décembre, sa dernière réunion en tant que président de la Réserve fédérale américaine (FED). Il sera remplacé en janvier par Janet Yellen, aujourd'hui sa vice-présidente, qui deviendra la première femme à diriger l'institution financière. Quels sont les enjeux pour le partant à l'occasion de cette dernière prise de parole? L'avis des analystes sur BFM Business.

> Réussir le "premier mouvement" de tapering

Le tapering, c'est le jargon pour parler de la sortie progressive du rachat massif d'actifs engagé par la Fed depuis la crise financière de 2008. Le patron de la Banque centrale américaine évoque, depuis février 2013, une baisse du montant de ces rachats, actuellement de 80 milliards de dollars par mois.

"En septembre, le statut quo avait été obtenu à une voix près", rappelle Christian Parisot, chef économiste chez Aurel BGC. Reporté "de justesse", ce tapering devrait encore faire l'objet d'un "gros débat" ce mercredi, prévoit-il.

Une baisse de 5 milliards du montant des rachats "ne changerait rien sur l'équilibre des marchés", pour l'économiste. L'enjeu, c'est d'éviter "sur le premier mouvement", que "les taux longs remontent trop rapidement, qu'il y ait trop de désordre sur les taux de change, et que la Bourse baisse trop vite".

S'il y parvient "Ben Bernanke pourra partir en retraite tranquillement en se disant qu'il a commencé le 'quantitative easing' et qu'il a réussi à en amorcer la sortie"!

> Rendre la politique monétaire efficace

Aujourd'hui, "les mesures non-conventionnelles ne sont plus efficaces", considère François Chaulet, le directeur général de Montségur Finance. En dépit des montants énormes de liquidités déversées dans le système économique mondial, "on a créé une trappe à liquidités puisqu'elle n'irrigue que les actifs financiers". Parallèlement, l'inflation reste largement inférieure à 1%.

La Fed doit donc regarder d'autres solutions. Il ne s'agit pas non plus "que la Fed fasse un chèque à tous les ménages américains pour qu'ils se mettent à consommer", précise François Chaulet, mais il faut que l'institution s'intéresse à d'autres mesures, selon lui.

> Ne pas faire peur à l'Europe

Quand la Fed a commencé à préparer le marché à une réduction de ses achats d'actifs, les places asiatiques ont accusé le coup, craignant un assèchement des liquidités irriguant leurs marchés.

Une "sur-réaction liée à la surprise", estimait Georges Pauget, l'ancien directeur général de Crédit Agricole SA, désormais président d'Economie, Finance et Stratégie, dans Le Grand Journal du 17 décembre.

Pour lui désormais, "le risque se situe au niveau des taux à long terme". "Est-ce que les taux américains vont monter", se demande-t-il. "Et dans quelle mesure?". Or "s'ils montent trop, la Banque centrale européenne aura du mal à contenir le mouvement à l'échelle de l'Europe", souligne-t-il.

N.G. et BFM Business