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Etats-Unis: une grave sécheresse plombe l'agriculture

A cause de la sécheresse, le prix du maïs a augmenté de 50% depuis le mois de mai et celui du soja de 26%.

A cause de la sécheresse, le prix du maïs a augmenté de 50% depuis le mois de mai et celui du soja de 26%. - -

Les Etats-Unis font face à la pire sécheresse que le pays ait connue depuis 1956. La production de céréales est menacée et les prix montent en flèche.

"Si je connaissais une prière ou une danse pour la pluie, j'y aurais recours". Ces mots traduisent l’inquiétude de Tom Vilsak, le secrétaire américain à l’Agriculture. Les États-Unis connaissent, depuis le mois de juin, une sécheresse qui touche près de 61% du pays. Elle est considérée comme la pire depuis 1956.

Les températures sont très élevées et les météorologues considèrent que la situation ne s’améliorera pas avant plusieurs semaines. 29 Etats sont d’ores et déjà en situation de catastrophe naturelle.

Les matières premières agricoles sont lourdement affectées par la canicule. Or, les États-Unis sont le premier producteur mondial de soja et de maïs.

"L'un des problèmes que nous affrontons, c'est que les conditions ont été tellement bonnes au début de la saison que les agriculteurs se sont rendus aux champs tôt. Cette sécheresse se produit à un moment vraiment crucial qui va peser sur leur capacité à avoir de bons rendements lors des récoltes", a déploré, mercredi 18 juillet, Tom Vilsak, le secrétaire américain à l’Agriculture.

La proportion de plants de maïs de bonne qualité était de 31% la semaine dernière, contre 66% l’année passée à la même période. La tendance suivie pour le soja est la même.

Les prix des matières premières agricoles s'envolent

Un peu partout dans le pays, les champs sont dévastés. Conséquence directe: les prix des matières premières agricoles s’envolent. Le prix du maïs a augmenté de 50% depuis le mois de mai et celui du soja de 26%. Des hausses spectaculaires qui se rapprochent des records atteints lors de la crise agricole de 2008.

Paradoxalement, les prix du bœuf et de la viande ont chuté. Selon Joseph Glauber, économiste au département de l'Agriculture, "certains éleveurs, confrontés à la hausse des prix des aliments pour le bétail, cherchent à réduire leur cheptel et saturent le marché". Mais à plus long terme, M. Glauber craint que "les réductions de troupeaux entraînent une raréfaction des approvisionnements et une augmentation du prix de la viande, après celle des céréales".

Les aliments manufacturés devraient, eux aussi, suivre cette tendance. Une augmentation des prix est attendue pour 2013.

Par ailleurs, les assureurs pourraient être pénalisés par la sécheresse. Ils risquent de devoir verser d’importants dédommagements. Les assurances couvrent en moyenne 72% des récoltes et des pertes de revenus.

Emmanuel Duteil et BFMbusiness.com