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Etats-Unis: le débat autour de l'allocation supplémentaire pour les chômeurs ralentit la relance

Donald Trump - MANDEL NGAN / AFP

Donald Trump - MANDEL NGAN / AFP - -

Les démocrates, menés par Nancy Pelosi, réclament une allocation supplémentaire de 600 dollars par semaine pour les chômeurs. Bien trop pour les républicains qui craignent

La Maison Blanche et le Congrès américain tentaient toujours lundi de se mettre d'accord sur les aides supplémentaires à apporter aux millions de chômeurs et à une économie qui oscille entre activité en hausse et pessimisme lié à la résurgence du virus.

"Nous faisons face à une situation d'urgence", a martelé la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi sur CNN lundi.

Le chef de cabinet de Donald Trump, Mark Meadows, n'est "pas optimiste" sur la possibilité de voir un accord "à court terme", avait-il dit la veille sur CBS. 

Une nouvelle réunion a commencé lundi en début d'après-midi entre la Maison Blanche et les deux chefs démocrates du Congrès: Nancy Pelosi côté Chambre des représentants et Chuck Schumer au Sénat.

Trop d'argent pour les chômeurs?

Au coeur des désaccords: une allocation chômage de 600 dollars par semaine, versée par le gouvernement fédéral en plus de l'allocation traditionnelle distribuée par chacun des 50 Etats.

Pour certains républicains, ce chèque généreux décourage les chômeurs de chercher un emploi. Les démocrates pourraient accepter un montant moindre, mais pas aussi bas que les 200 dollars proposés jusqu'ici par le parti de Donald Trump. 

"Des millions de personnes auraient pu tomber dans la pauvreté sans les 600 dollars", a lancé Nancy Pelosi sur CNN. Cette aide a pris fin le 31 juillet, alors que les Etats-Unis comptent des millions de nouveaux chômeurs à cause de la pandémie.

Aide cruciale

Les tensions entre les deux camps, à trois mois de l'élection présidentielle, pourraient priver des millions de familles américaines d'une aide cruciale, dans un pays où les allocations chômages sont versées pendant six mois au maximum.

"Il y a tellement moins d'emplois que de travailleurs disponibles", que ce n'est pas le montant de l'aide qui va pénaliser le retour à l'emploi, a souligné dimanche sur CBS le président de la Réserve fédérale (Fed) de Minneapolis, Neel Kashkari.

"A un moment donné, ce sera un problème. (...) A l'heure actuelle, ce n'est pas un élément (qui influence) la macroéconomie aux Etats-Unis", a-t-il ajouté.

Perspectives toujours incertaines

L'activité dans le pays a redémarré à la fin du printemps, lorsque les mesures de confinement ont progressivement été assouplies. Mais une flambée des contaminations a forcé plusieurs Etats à ralentir les réouvertures, voire même à faire marche arrière.

Et il semble parfois difficile de prévoir l'impact de ces nouvelles restrictions.

"Malgré de larges indications selon lesquelles l'économie a commencé à se redresser (...), des données contradictoires font qu'il est difficile de dire à quel point la reprise se poursuivra", remarquait ainsi lundi la fédération nationale des détaillants (NRF).

"Selon les données choisies, la réponse n'est pas claire" quant à "la santé de l'économie et des consommateurs", a regretté son chef économiste Jack Kleinhenz dans un communiqué publié lundi.

PMI en hausse

Dernier indicateur en date, celui de l'industrie manufacturière, qui a grimpé en juillet pour le deuxième mois, avec une croissance au plus haut depuis mars 2019, selon l'indice des directeurs d'achats de l'association ISM publié lundi.

"L'industrie manufacturière se redresse mais partait de niveaux très faibles et les perspectives sont incertaines, en raison de la menace posée par des perturbations répétées liées au virus", a commenté dans une note, Rubeela Farooqi, de High Frequency Economics.

Les responsables économiques alertent régulièrement sur le fait que la reprise économique est liée à la trajectoire du virus.

Chute brutale du PIB

Neel Kashkari a même plaidé pour un confinement strict de quatre ou six semaines, afin de faire diminuer le nombre de contaminations, et de pouvoir ensuite faire repartir l'économie, en testant massivement notamment. Sans cela, selon lui, "la reprise sera plus lente, pour nous tous".

L'économie américaine s'est effondrée de 32,9% entre avril et juin, en rythme annualisé, c'est-à-dire si le rythme reste le même jusqu'à la fin de l'année.

Par rapport au deuxième trimestre 2019, la chute est de 9,5%, du jamais vu, en ligne avec la situation des autres pays.