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En Écosse, on ne peut plus acheter du cidre et de la bière à prix mini

Fini les super promotions sur l'alcool en Écosse.

Fini les super promotions sur l'alcool en Écosse. - Andy Buchanan - AFP

Depuis le 1er mai, les Écossais ne peuvent plus acheter pour moins cher que 50 centimes l'unité d'alcool. Une mesure prise pour lutter contre les problèmes liés à l'abus d'alcool dans le pays.

Après des années de bataille juridique, le royaume du whisky a adopté un prix minimum sur l'alcool. Une expérimentation grandeur nature lancée le 1er mai pour lutter contre ce qui est devenu un problème de santé publique dans le pays: les abus liés à l'alcool. Chaque unité d'alcool dans les bouteilles de bières et autres spiritueux ne peut désormais être vendue moins cher que 50 pence (un peu plus de 50 centimes d'euros).

La différence va se voir pour les consommateurs écossais. Les 700 ml de whisky, qui leur revenaient à 11,25 livres chez Asda, l'enseigne locale de hard discount, coûtent désormais au moins 14 pounds. La même quantité de vodka ou de gin, jusqu'à présent à 11 pounds dans les supermarchés à bas prix, ne peut plus être étiquetée à moins de 13,13 livres sterling.

Le cidre trois fois plus cher

L'inflation est particulièrement notable sur le cidre, boisson réputée très prisée des étudiants pour leurs beuveries en raison de son coût modique. Certaines bouteilles ont ainsi vu leur prix tripler du jour au lendemain pour atteindre un minimum de 5 livres la bouteille de 2 litres, comme le vin. Enfin la grande canette de bière coûte désormais 4,40 pounds.

Le gouvernement espère ainsi améliorer la santé de ses habitants. Des Écossais dont la frange mâle boit en moyenne près de 11 litres d'alcool pur par an, 40% de plus que la limite recommandée. Et une contrée où, en 2016, les plus de 1200 décès liés à l'alcool représentaient une augmentation de 10% par rapport à 2015.

Nicola Surgeon, la Première ministre du pays, promet que ces prix minimums vont sauver quelques 400 vies sur les cinq prochaines années, et éviter 800 hospitalisations pour des problèmes liés à la consommation abusive d'alcool. Elle s'est longtemps battu contre l'Association du whisky écossais et d'autres représentant de l'industrie pour adopter cette mesure. Des années de querelles notamment devant les tribunaux, qui a été jusqu'à la Cour de justice européenne.

Un prix minimum partout au Royaume-Uni ?

Tout en se félicitant de cette avancée, les experts sanitaires britanniques se montraient dubitatifs dans The Guardian. Ils estiment que la mesure aurait dû s'accompagner d'une campagne médiatique bien plus importante que les seules affichettes sur les dangers de l'alcool distribuées aux commerçants. Et surtout, les plus reconnus d'entre eux, comme ceux de l'Académie des sciences d'Écosse, considèrent que le prix minimum de 50 pence par unité est trop bas pour avoir un réel impact.

D'ailleurs le Pays de Galles, voisin de l'Écosse et membre comme elle du Royaume-Uni, instaurera lui aussi un prix minimum sur l'alcool en 2019. Mais il envisage plutôt de le fixer au-delà de 60 pence l'unité d'alcool.

La politique pourrait essaimer dans la région: l'Irlande du Nord discutait de ce sujet avant que son gouvernement ne s'effondre, et devrait s'en saisir à nouveau dès que la crise politique sera réglée. Dublin travaille également sur le sujet. Le consensus régional qui se dessine force du coup la Grande-Bretagne à se prononcer: l'administration a ainsi prévu de réexaminer sa politique en matière de taxes sur l'alcool dans deux ou trois ans.

N.G.