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En Chine, la croissance trimestrielle au plus bas depuis 2009

La Chine est engagé dans une douloureuse transition vers un modèle économique plus orienté vers le marché, la consommation et les services.

La Chine est engagé dans une douloureuse transition vers un modèle économique plus orienté vers le marché, la consommation et les services. - AFP-Nicolas Asfouri

"Le géant asiatique a vu son PIB progresser de 6,7% sur un an au premier trimestre 2016. Un niveau inédit depuis 7 ans. Mais le mois de mars a apporté des signes d'amélioration."

Le gouvernement chinois table sur une croissance comprise entre 6,5 et 7% pour 2016. Au premier trimestre, elle est dans les clous. Le pays affiche un Produit intérieur brut (PIB) en progression de 6,7% sur un an, sur les trois premiers mois de l’année. Il s'agit toutefois du chiffre le plus bas depuis le premier trimestre 2009, quand la croissance chinoise était tombée à 6,2%. Cette fois, c’est un peu moins qu’au quatrième trimestre 2015 (6,8%) mais ce ralentissement pourrait ne pas durer, au vu des signaux constatés en mars.

Dynamisme de la production 

Le mois dernier, la production industrielle a en effet accéléré de 6,8% sur un an, contre une progression de seulement 5,4% sur les mois de janvier et février. Une reprise bien plus forte qu’attendu par les analystes consultés par l’agence Bloomberg, qui anticipaient une progression de 5,9%.

Ce sursaut de l’activité s’accompagne d’un gonflement de la demande intérieure, les ventes de détails en Chine ayant bondi de 10,5% en mars, avec, là aussi, une accélération plus importante que prévu. Signe que le rééquilibrage vanté par Pékin se poursuit, le secteur des services a représenté 56,9% du PIB chinois au premier trimestre.

La croissance chinoise était tombée sur l'ensemble de 2015 à 6,9%, sa plus faible performance depuis un quart de siècle, alors que le pays se trouve engagé dans une douloureuse transition vers un modèle économique plus orienté vers le marché, la consommation et les services.

Perspectives "toujours ternes"

Néanmoins, "les difficultés liées aux ajustements structurels persistent, et les pressions baissières ne peuvent pas être ignorées", tempérait le Bureau national des statistiques, qui dépend du gouvernement chinois. La croissance chinoise continue de souffrir de la faiblesse de la demande mondiale et de surcapacités accumulées par certains secteurs importants.

Les chiffres montrent certes "une décélération moins violente que ce que beaucoup redoutaient", mais les perspectives "sont toujours ternes", observe d’ailleurs Louis Kuijs, analyste du cabinet Oxford Economics. "Pour empêcher la croissance de s'écrouler en-dessous de 6,5%, le gouvernement devra continuer ses mesures de soutien, en particulier ses investissements dans les infrastructures", estime-t-il.

A.R. avec AFP