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Coronavirus: combien de temps l'économie mondiale va-t-elle être plombée?

Parmi les scénarios concernant les répercussions sur l'économie du coronavirus, se dessine celui d'un déroulement en "U" où l'activité continuerait à être pétrifiée sur au moins les deux premiers trimestres de l'année.

Faut-il s'attendre à une reprise de l'activité économique mondiale dans les semaines à venir ou, à l'inverse, à une révision à la baisse d'autant plus marquée à cause du coronavirus?

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Alors que le Covid-19 a déjà fait plus de 4.000 morts et où l'épidémie paralyse des régions particulièrement, les pays touchés tentent, comme en Italie par exemple, d'éviter "l'infarctus économique". Reste à savoir pendant combien de temps le coronavirus va désorganiser la production. 

Plusieurs scénarios possibles

Plusieurs scénarios ont été dressés par l'OCDE début mars. L'organisation de coopération table en effet sur une hausse du PIB français de 0,9% en 2020. Soit 0,3 point de moins que prévu auparavant. Au niveau mondial, les prévisions ont, elles aussi, largement été révisées à la baisse. Dans sa prévision de croissance mondiale, l'instance indiquait le 2 mars dernier que celle-ci allait passer de 2,9% à 2,4% pour 2020. Cela repose sur "l'hypothèse que le pic épidémique sera atteint en Chine au premier trimestre 2020 et que dans les autres pays, l'épidémie se révélera plus modérée et circonscrite", précise l'OCDE. 

En revanche, dans un scénario plus noir, si l'épidémie dure et s'étend à de larges zones géographiques, la croissance mondiale pourrait être divisée par deux cette année, alerte l'organisation. Dans un scénario en "L", l'activité économique continuerait de chuter et ne redémarrerait pas car le virus n'aurait pas été maîtrisé en Chine.

Plan de relance européen

Reste donc à déterminer quel pourrait être le scénario le plus probable? A priori, le scénario le plus probable suivrait une trajectoire en "U", dans lequel l'activité est totalement pétrifiée au premier trimestre 2020, et où le second trimestre ne s'avérerait pas particulièrement bon non plus (l'activité économique peinant à retrouver son rythme de croisière), avant une reprise progressive en fin d'année. 

Dans une récente étude, les économistes de l'ONU ont estimé que l'épidémie pourrait faire perdre au monde entre 1.000 et 2.000 milliards de dollars. Les experts de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) envisagent que la croissance de l'économie mondiale passe même sous la barre des 2% cette année. Cela correspondrait à un manque à gagner de 1.000 milliards de dollars. En cas de scénario catastrophe et de croissance anémique à 0,5% en 2020, la facture passerait alors à 2.000 milliards de dollars. 

Tout dépendra également des réponses apportées par les gouvernements pour relancer l'économie. Les filières et les instances professionnelles ne cessent en France de le rappeler: soutenir les secteurs en difficultés constitue une priorité. Lundi, Emmanuel Macron appelait a davantage de "coordination européenne et internationale" pour faire face à la crise du coronavirus.

Julie Cohen-Heurton avec Emmanuel Lechypre